Georges Flipo – La commissaire n’aime point les vers

Publié le par Patrick Chabannes

Georges Flipo – La commissaire n’aime point les vers

Dun mot, d’un trait : Jubilatoire. Oh, il s’agit bien d’un polar, d’un polar français, doté de personnages attachants, d’un scénario curieux et travaillé, de rebondissements, de quelques meurtres inquiétants. Georges Flipo a sa manière à lui de glisser un humour à froid, un humour naturel, immédiat et drôle.

Attachante, Viviane, la commissaire avec son équipe d’hommes.Des femmes ? Au nom de la très sainte mixité, on avait tenté d’en nommé quelques unes sous ses ordres. Des gentilles, des teigneuses, des bosseuses, aucune n’avait tenu le coup : dans son équipe la mixité c’était Viviane. Viviane et ses hommes. La gentille, la teigneuse, la bosseuse, c’était elle.” Viviane, névrosée, célibataire à presque quarante ans, son travail qui lui a couté ce “connard de Ludovic”, avec ses régimes plus ou moins efficace car il faut dire que : “La chose méritait une barre de Mars qu’elle trempa dans son yaourt à 0%. Elle se sentit plus sereine.”

Accompagnée de Monot, débutant un peu ahuri, littéraire tombé chez les flics de la 3ème DPJ, mignon à croquer, Viviane doit assurer une enquête sur un poème de Baudelaire qui tue toute personne s’en approchant de trop près. N’aimant que l’action et surtout pas la littérature. “Elle menait cette enquête comme une guêpe contre la vitre, elle s’énervait en ne voulant rien voir. ” Sa hiérarchie se fait pressante sous la pression des médias. Georges Flipo, au détour, montre les défauts possibles d’un journalisme voyeur et pressé. “Elle avait cru que les média s’intéressaient aux individus intéressants. Elle avait mal compris : C’étaient les individus qui se trouvaient intéressants dès qu’ils étaient dans les médias. Le pire c’est qu’ils le devenaient. ”

Et ces témoins, suspects et coupables, décédés et meurtriers, qui se connaissent tous, dans une ambiance à la “dix petits nègres”, “Et votre enquête, elle avance ? Vous attendez qu’on soit tous morts pour la considérer comme bouclée ? ”.

Et ce qui ne gâche rien, Georges Flipo fait partie de ces écrivains soigneux et respectueux de ses lecteurs. En dehors de l’intrigue, tout est vrai et vérifié. La procédure pénale, les rôles respectifs de la DPJ et de la Crime, les restaurants, et même le poème respecte le style Baudelairien.

L’Une et l’Autre

Quand mon âme vomit la beauté, le divin,

Les chœurs harmonieux et la femme trop pure,

Ma gourme la conduit par une sente obscure,

Vers la case aux relents de vanille et de vins.

Un excellent moment de lecture, un très bon policier littéraire. J’ai hâte de revoir Viviane en 2011 dans “La commissaire n’a pas l’esprit club ”

Pour tout public, 300 pages, La table ronde, 18€

Lectori salutem, Patrick

Publié dans Polar

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