Khaled Hosseini - Les cerfs-volants de Kaboul

Publié le par Patrick Chabannes

Khaled Hosseini - Les cerfs-volants de Kaboul

The Kite Runner écrit par Khaled Hosseini , né en 1965 à Kaboul (en persan خالد حسینی), publié aux USA en 2003, en France sous le titre les Cerfs-volants de Kaboul en 2007 par Belfond avec une belle traduction de Valérie Bourgeois est un livre devenu culte en Occident avec de nombreuses réimpressions.

Il s’agit d’un voyage dans l’espace des peuples iraniens mangeant des pakoras, du naan, des samosas et du biryani et de l’histoire personnelle d’Amir. Une jeunesse auprès de son père, son Baba, Pachtoune respecté, et d’Hassan, un Hazara , ami et serviteur. Les belles années avec les compétitions de cerfs-volants monofils, appelés combattants chez les cerfvolistes, où il s’agit à la fois de couper la ligne de l’adversaire faisant choir l’oiseau et de courir se saisir du trophée, exercice dans lequel Hassan excelle. La traduction française du titre de l’ouvrage pourrait être discutée par rapport à la finesse psychologique de la version originale mettant en avant the Kite Runner qui pourrait être Hassan, le serviteur hazara au lieu d’Amir le maître pachtoune. Une histoire de lâcheté commune : “J’ouvris la bouche. Il s’en fallut de peu que j’intervienne. De peu. Ma vie eût été peut-être différente si je l’avais fait. Mais je restais silencieux. Je me contentai de regarder. Paralysé.” Amir, exilé avec son Baba après 20 ans aux USA : “Pour moi les Etats-Unis représentaient un pays où enterrer mes souvenirs. Pour Baba, un endroit où pleurer les siens.” Et c’est l’histoire d’une rédemption, toujours liée à l’âme afghane. Marié, installé, il revient à l’appel de l’ami de son père. Il entamera alors pas à pas une renaissance. “Tu faisais preuve de trop de sévérité à ton égard à l’époque, et tu continues aujourd’hui- je m’en suis rendu compte à Peshawar. Sache cependant une chose : un homme dépourvu de la moindre conscience et de la moindre bonté ne connaît pas la souffrance. Puisse la tienne cesser avec ce voyage.”

Jamais larmoyant, une écriture fine, simple, directe qui parle au cœur avant de parler à l’esprit. La puissance humaine du livre justifie à bon droit son statut d’incontournable de la littérature étrangère.

L’histoire de l’Afghanistan convoquée par ses contingences sur la vie de cette famille et de ses alliés ne deviendra jamais le sujet, juste la toile de fond. Ce sera au lecteur d’avoir la curiosité d’aller chercher quelques cartes pour comprendre les voyages de Kaboul à Islamabad ou la route de Djalalabad par la passe de Kyber et de même de prendre le temps de comprendre l’instabilité de ce vieux pays depuis 1973 avec la déposition de Zaher Shah, le passage à la République menée par Daouda Khan assassiné en 78 lors du coup d’état communiste sur fond de guerre froide, suivie par la résistance à cette République pas si populaire menant à l’entrée des troupes soviétiques à Kaboul en 1980. L’union de l’Oumma accroît la résistance et 1988 voit le départ de l’armée soviétique (chute du Mur de Berlin en 1989) et une République populaire tiendra jusqu’en 1992. Ensuite l’Alliance du Nord ne réussit pas à stabiliser le pays, la guerre civile fait rage entretenue par les grandes puissances locales et internationales, les exactions des chefs de guerre sont insupportables et les Talibans entrent dans Kaboul en 96 sous les hourras. Ils dominèrent le pays malgré la résistance au nord de Massoud assassiné le 9 Septembre 2001, évènement suivi de celui du 11 Septembre 2001 provoquant un changement de politique étrangère aux USA.

Sunday August 10, 2003, Khaled Hosseini has evoked in a San Francisco Chronicle interview both Amir & Khaled Kaboul’s souvenirs starting by : Amir will be the first to tell you that he is neither the noblest nor the bravest of men. But three years ago, he did something both noble and brave : He went back to Afghanistan, then ruled by the Taliban, to settle an old score. He went back after a 20-year absence to atone for a sin he had committed as a boy. He went back to rescue a child he had never met, and to rescue himself from damnation. The journey almost cost him his life. The thing is, I was the one who sent him. It was easy. After all, I created Amir; he is the protagonist of my novel, "The Kite Runner." Then, in March 2003, with the novel proofread and in production, I found myself tracing my protagonist's footsteps …

Le plus étrange est l’unité de langue. Amir passe des USA, à l’Afghanistan, au Pakistan. Les cultures et les langues se croisent. Et si le livre avait pu être écrit en trois ou quatre langues différentes à la fois ! Un film rendrait probablement plus fortement les différences culturelles, linguistiques et géographiques. Donc je vais regarder le film The Kite Runner de Mark Forster.

Thanks to Pauline and Jeff MACKINTOSH who told me about this amazing book.

Lu en 10-18 no 3939, collection domaine étranger, nouveau tirage de 2009.

Lectori salutem, Pikkendorff

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