Virginie Despentes – King Kong Théorie

Publié le par Patrick Chabannes

Virginie Despentes – King Kong Théorie

“Voyez-les, ces fidèles de toutes les Fois ! Quel est celui qu’ils haïssent le plus ? Celui qui brise leurs tables de valeurs, le brise-tout, le brigand : mais celui-là c’est le créateur. ” Ainsi parlait Zarathoustra – Fréderic Nietzsche.

Qui se cache derrière cette écriture volontairement dénuée de style, ces affirmations péremptoires, ces arguments d’autorité ? Pourquoi, par un passage permanent du particulier au général, empêcher toute lecture construite, toute réfutation logique et toute approbation même partielle. Ces mots envoyés comme des balles, ces phrases lancées comme des roquettes à l’assaut du monde, d’un monde vécu ou rêvé, d’un monde dans lequel se débat, se noie, survit Virginie Despentes. Quand bien même ais-je pu entendre une douleur, une souffrance ou un cri, le partage n’est pas autorisé. “Une vision du monde, un choix. Il ne s’agit pas d’opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l’air.”

Pourquoi lire ce livre de poche de 145 pages ? Pourquoi le succès de ce type d’écriture ? Quel type de lectorat ? Je ne sais pas. Porté sur le débat, sur la connaissance des mondes, des autres, j’aime à découvrir sans juger, apprendre sans comprendre, voir sans savoir. Je suis déçu parce que Virginie Despentes ne veut pas ouvrir sa porte, ne m’autorise pas à entrer dans son monde.

Alors en vrac, réfutons sans espoir : Freud n’a pas tout compris à l’Homme, l’Homme et la Femme ne se réduisent pas à leur sexe et loin s’en faut, les clients du sexe tarifé sont une partie et non le tout du corps social, une femme marié peut être esclave ou maître de son destin, l’industrie pornographique ne commettra pas de chefs d’œuvre, le cul est déjà partout de la publicité aux téléfilms, les salaires féminins sont les mêmes que pour les hommes depuis près de vingt ans.

Trop de sujets passant par la grille de lecture de Virginie Despentes connectée à un monde qu’elle pense universel, un monde de la confusion permanente entre la représentation du réel et le réel lui-même.

Que faire alors ?

  • Lire Stefan Sweig (freudien si il en est puisque c’est son copain!!!) et Sandor Marai, entre autres, démontrera que des hommes ont écrit sur les hommes et les femmes.
  • Comprendre que le XIXème siècle est un désert de la pensée puisqu’un ouvrage tel que King Kong Théorie ou Baise-moi trouvent éditeur et lecteurs.
  • Lire Fatima Mernissi, la femme, le monde musulman
  • Qu’il faut lire les auteurs du XVII, XVIII et XIXème siècle pour retrouver des forces vives.
  • Que depuis la Grande Guerre de 14, les femmes remplaçant les hommes aux champs, à l’usine, partout, ont commencé leur libération.
  • Qu’une femme n’a pas besoin de se faire homme pour se faire sa place.
  • Que le droit de vote a été voté en 1922 aux USA, 1934 en Turquie, 47 en France…
  • Que des Reines, des Maîtresses ont fait la France.
  • Voir ce que le Siècle des Lumières doit aux femmes.

La richesse de notre société est ses collaborateurs avec leurs différences d’âges, de sexe, de langue et de culture.

Patrick

Publié dans romans

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