OLGA TOKARCZUK – LES PEREGRINS

Publié le par Patrick Chabannes

OLGA TOKARCZUK – LES PEREGRINS

Tous ceux qui, un jour, ont essayé d’écrire des romans savent à quel point c’est difficile ; il s’agit assurément de l’une des pires activités indépendantes. Il faut rester tout le temps replié sur soi, enfermé dans une cellule individuelle, dans une solitude complète. Cela relève d’une psychose contrôlée, d’une paranoïa et d’une obsession attelées au travail. Ainsi l’écriture ne nécessite ni plume d’oie, ni masque vénitien, comme on pourrait le croire, mais bien plutôt un tablier de boucher, des bottes en caoutchouc et un couteau à étriper.”

Cette romancière polonaise, récompensé par le prix Niké nous propose une série de textes courts plus ou moins en rapport les uns avec les autres. Olga Tokarczuk possède un regard au-delà du réel, du visible, du temps et de l’espace. Son phrasé repose, ralentit, permet le voyage, le questionnement de l’existence.

Mais malgré un début encourageant le tablier de boucher est bien présent. L’atmosphère se fait lourde, insupportable. Page après page un dégoût m’assaille après de nombreuses descriptions comme celle de cet autre pérégrin. “Cette fois-ci, il est difforme, en pièce détachée. Ici, par exemple, on a rassemblé des os, mais seulement des os qui présentaient un problème…“

Et cet ostinato lancinant jusqu’à l’ennui me fait abandonner la lecture de cette écrivain d’avant-garde, de la nouvelle littérature d’Europe de l’Est.

L’avant-garde possède en effet le charme de l’absurde et de la nouveauté.[…]lorsqu’elle n’est pas entre les mains de grands génies, elle pousse jusqu’à l’extravagance la nouveauté. Et par là elle est peut-être davantage elle-même. Car ce n’est qu’en allant aux confins de l’absurde que nous sortons décidemment des sentiers battus. Le grand génie qui consacrera les découvertes, les humanisera, les intégrera à un idéal universel que les hommes pourront entendre.” In le voleur d’étincelles, Robert Brasillach,1932, Plon

Je sais ! Qui suis-je ? Ais-je le droit ? A nom de quoi ? Ce livre, annoncé comme son meilleur ouvrage, a beaucoup plus à tout le monde.

Comme ont plu parait-il aussi, Stieg Larsson et son Millenium écrit comme un cochon, Virginie Despentes et sa grossièreté ou encore Amélie Nothomb, écrivain partenaire de la RATP, qui permet au peuple de passer le temps en allant au boulot en métro les yeux mi-clos.

Et tous ces critiques appartiennent à “cette société marchande qui ne supporte pas qu’on lui montre qu’elle l’est, contre cette culture qui est le nouvel opium du peuple car fondée sur une méconnaissance de ce que c’est qu’une œuvre d’art, la culture est chargée par le pouvoir de paralyser toute création. On est passé de la mort de l’art à l’assassinat de l’artiste.” In Marc-Edouard Nabe, Le Vingt-Septième Livre, Dilettante, 2008

La traduction du polonais par Grazyna Erhard montre les défauts du français commun moderne telle cette manie de vouloir clôturer à la place de clore.

Editions Noir sur Blanc, 24€, 380 pages lire l’opinion de l’éditeur

Lectori salutem, Pikkendorff

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