SYLVAIN JOHNSON – LE TUEUR DES RAILS

Publié le par Patrick Chabannes

SYLVAIN JOHNSON – LE TUEUR DES RAILS

Premier roman de Sylvain Johnson, jeune écrivain (né en 73) québécois. Il est indéniable que, derrière un style encore à affiner, Sylvain Johnson possède la capacité à partager ambiance et situations. Ses personnages peu nombreux acquièrent au fil des pages une dimension intéressante au prix de descriptions interminables sur le temps qu’il fait ou d’un pathos psychologique qui alourdissent l’écriture à tel point que les histoires des nazis et des pharaons sont sous-exploitées.

Après dix pages de tautologies et de répétitions parfois contradictoires, j’hésite à arrêter ma lecture. Alors crayon en main, reprenant ma lecture, concentrant mon esprit, je biffais des passages entiers tentant d’éclaircir, d’accélérer, de condenser la pensée, l’expression et l’action. Exemple : “Lundi 28 Octobre…Thomas marchait sous la pluie depuis près d’une demi-heure. Il était trempé, frigorifié, et son corps tout entier était parcouru de frissons intenses. Le temps était morose, et le ciel de cette après-midi froid d’octobre, couvert de nuages gris.”

Plus psychologique que thriller, il y a là une idée encore sous-exploitée avec ce scénario curieux et sa conclusion étonnante. Et il m’effleure l’idée que Sheridan ne puisse être qu’un être imaginaire produit de l’esprit des deux blessées de la vie, Thomas et Lilly.

Que Sylvain Johnson garde confiance car, en acceptant d’épurer son style, il pourra devenir un excellent écrivain francophone de polar que je me ferai une joie de lire.

‘’Car l’écrivain qui vient de publier un livre, son livre ne correspond déjà plus. Ce n’est pas le refaire, le corriger, qu’il voudrait, lorsque ces pages mortes se lève d’une déception. C’est faire autre chose. Il ne comprend pas en quoi tout cela l’a intéressé, il lui semble donner de lui-même une idée mince et fausse. Ce n’est pas cela lui-même. C’est ce qu’il fera demain, aujourd’hui. ‘’ In Présence de Virgile, Robert Brasillach, Mai 1931, Plon

NB : Les origines de la maladie de Lyme semblent faire débat. D’un coté c’est une maladie apportée par les tiques et connue à Lyme depuis 1875. De l’autre les Nazis auraient inventée une arme biologique, ou encore les communistes alliées etc…Bref il y a de la matière pour les amateurs de complots.

Merci BOB pour cette découverte.

Grasset, 2010, 244 pages de littérature.

Lectori salutem, Patrick

Publié dans Polar

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