R.J. ELLORY – LES ANONYMES

Publié le par Patrick Chabannes

R.J. ELLORY – LES ANONYMES

“Un mensonge tellement énorme et complet et tellement ancien que les menteurs eux-mêmes ont fini par croire qu’il s’agissait de la vérité, absolue et indiscutable.”

Un roman d’exception au rythme digne de Motown. Aretha Franklin ouvre en puissance et en douceur un morceau de soul, crimes en série la police est là ; le piano de Ray Charles survient, vif et alerte : Le FBI entre dans la danse ; et la trompette de Quincy Jone se met à chanter quand la CIA est de la partie.

Quatrième victime, même mode opératoire, un tueur en série sur les bras. Miller et Roth prennent l’affaire en main ; un début au rythme prenant et lent ; les personnages et leurs histoires se mettent place ; il est peu de seconds couteaux chez R.J Ellory ; les vies de ces flics de Washington sont à l’image de celles de leurs clients.

Et le grain de sable, une victime vit sous une identité fabriquée…Impossible d’en dire plus. Tout se tient. Pas à pas, R.J Ellory vous entraîne de la lumière vers l’ombre, du monde simple du crime vers les affaires d’état.

“C’est probablement le tueur qui a tout nettoyé, intervint Roth. Ils connaissent le truc par cœur, maintenant. Un grand merci aux experts.”

“Dans un discours devant le Club de la presse nationale, Richard Helms, directeur par intérim de la CIA, dit un jour : Vous devez simplement nous faire confiance. Nous sommes des hommes d’honneur.”

“Le capitaine Georges Hunter White, se rappelant ses années de service à la CIA, disait : « J’ai trimé de bon cœur sur le terrain parce que c’était marrant. Où d’autres un jeune Américain plein de vigueur pouvait-il mentir, tuer, tromper, voler, violer et piller avec l’aval et la bénédiction des tout-puissants.”

Attention, n’oublions pas que R.J Ellory est britannique. Le rythme et la profondeur des personnages ne correspondent pas à l’écriture des best-sellers américains, la main sur leur mode d’emploi et le regard sur leur chéquier.

Nous avons là un romancier, un vrai. Du lourd. Pas une page à enlever sur les 680 du roman. R.J Ellory a un vécu ; il sait écrire ; prenez le monde réel de sa fiction en pleine gueule !

Abandonnez-vous un livre qui ne vous plait pas ou allez-vous jusqu’au bout de la lecture ?

J’ai eu l’habitude finir religieusement un livre, mais en vieillissant je m’engage de moins en moins à finir quelque chose que je n’aime pas. Il y a tant de livres et si peu de temps !

In l'interview de R.J Ellroypar Madame Charlotte,

Avis aux candidats romanciers

Né en 67, Ellory écrivit 22 livres de 1987 à 1993. Des centaines de lettres de rejet en miroir d’éditeurs britanniques et américains :

“The standard response from the UK publishing trade was that they could not consider the possibility of publishing books based in the United States written by an Englishman.

And it was not possible for American publishers to publish books set in the US written by an Englishman.”

Et Roger Jon Ellory arrêta d’écrire pendant 8 années. Fin 2001, travaillant dans une société de transport, il recommence à écrire. Candlemoth fut son premier ouvrage à être édité par Orion en 2003. Le succès s’empare de l’auteur. De nouvelles œuvres sont éditées et reconnues par la presse et un public nombreux : Lire la bio de Roger Ellory

Le test du lapin : CIA, FBI et LAPD. .. Être américain doit permettre d’apprécier au mieux la saveur.

“La CIA, le FBI et la police de Los Angeles se disputent pour savoir qui est le plus fort pour attraper les criminels. Alors le Président décide de les tester en lâchant un lapin dans la forêt

Les types du FBI y vont. Deux semaines de recherches, aucune piste : ils brûlent la forêt, massacrent tous ce qui bouge et ne s’excusent même pas. Ils expliquent au Président que le Lapin n’eut que ce qu’il méritait.

La police de Los Angeles se lance. Trois heures, ils ramènent un ours. Il s’est bien fait tabasser, il sort de là les mains sur la tête en criant : “D’accord, d’accord ! Je suis un lapin ! Je suis un lapin !”.

Après le Président envoie les mecs de la CIA. Ils installent des animaux indics dans toute la forêt. Ils interrogent tous les témoins végétaux et minéraux. Trois semaines plus tard, après avoir déployé onze cents agents et dépensé 4,5 millions de dollars, ils pondent un rapport de 755 pages, avec la preuve concluante que non seulement le lapin n’existait pas, mais que cette espèce n’a jamais existé.”

Je dois à Madame Charlotte l’idée et la découverte de ce bijou. Merci !

N’oublions pas les conseils avisés de l’excellente librairie de Puteaux, librairie des Amandiers, conseil, dynamisme et amour des livres. Retrouvez-les sur Facebook

Le traducteur Clément Baude a su grâce à un talent d’écrivain rendre le rythme si personnel de R.J Ellory. L’utilisation de l’anglicisme corroboratif a du être l’objet de débat et de prise de tête (lol)

Les Anonymes, Sonatines, 2010, 689 pages, 22€uros. Edition originale : A simple act of violence, éditions Orion, 2008.

Lectori salutem, Patrick

Publié dans Thriller

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