LAURENT HERROU – COCKTAIL

Publié le par Patrick Chabannes

LAURENT HERROU – COCKTAIL

“On n’est jamais prêt à la publication d’un premier livre. Que l’on vienne de province ou que l’on soit né à Paris. On ne sait pas ce que ça fait. Sur soi. Sur son entourage. Sur les gens qu’on admire et qui vous tourne brusquement le dos. Sur la perception de l’avenir, une fois le livre paru.

Premier livre, premier cocktail à Paris avec les auteurs de la collection le Rayon. Une courte auto-fiction mettant en scène Laurent, jeune écrivain niçois et Laura, son premier livre.

La plume vivante de Laurent Herrou observe et détaille ce monde du mensonge-roi, des compromissions et des petites abjections. “Les autres sont indiscernables et indissociables. Ils forment un ensemble compact qui se déplace en crabe, comme une cellule sur la défensive, un virus. Piquant.

De cette écriture simpliste éclate la Vie. De ces phrases déconstruites, plus proches du langage parlé que de la littérature, prennent vie des personnages, se cristallisent des situations.

Voilà, sous l’apparente facilité, bien du travail, de la rigueur. Du talent. Une œuvre littéraire.

“L’alcool qui aide. À passer du vous au tu. À passer les caps. À dépasser les bornes.

Je ne réponds pas. Je tourne le dos. Je prends mon portable.

Je fais comme tout le monde.

Je ne m’embarrasse pas.

Je m’adapte.”

La postface de Nicolas Brulebois propose une autre lecture de ce texte à clefs et lève le voile sur le microcosme de la littérature gay de Guillaume Dustan et sa collection Le Rayon. Pour avoir fait partie de ce milieu, le talent de Laurent Herrou dépasse l’inscription au sein d’un microcosme et sa description d’un cocktail littéraire ne doit rien au milieu gay auquel il n’est pas jamais fait allusion.

“Roland demande : Vous écrivez quoi ?

JE ne sais pas répondre à ça. JE ne sais pas ce que j’écris. J’écris, c’est déjà ça.

Ça ne suffit pas.

On attend autre chose.

Des romans je dis d’abord.

Et puis : un roman.

Et puis : un livre.

Et puis : mon premier livre vient de sortir. Il y a dix jours.

Je corrige, je modifie.

J’affine la réponse, Je la réduis.

Je dis la vérité.

Toute, et rien que.

Je le jure.

Roland ne demande pas de quoi ça parle.

A ça non plus je ne sais pas répondre.”

L’auteur

Laurent Herrou vit à Nice et, outre Laura, est l’auteur des romans Femme qui marche (H&O, 2003) et Je suis un écrivain (Publie.net, 2008).

Commander en ligne aux Éditions E P & L A, 2010, 67 pages, 4 euros

Lectori salutem, Pikkendorff

Publié dans Littérature

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