GUILLAUME MUSSO – LA FILLE DE PAPIER

Publié le par Patrick Chabannes

GUILLAUME MUSSO – LA FILLE DE PAPIER

“Ecrire me plongeait dans un état étrange : la réalité laissait peu à peu la place à la fiction et mes héros devenaient parfois si réels qu’ils m’accompagnaient partout. Leurs souffrances, leurs doutes, leurs bonheurs devenaient les miens…

Mais quelle bonne surprise ! Fluidité, humour, recul sur lui-même et sur les ficelles d’écriture, des personnages craquants placés dans des situations difficiles et ce thème si poétique, la fille de papier…

Aurore, la pianiste virtuose, quitte Tom, l’écrivain à succès. Une séparation dont Aurore se sent responsable :“Je sais que pour mériter l’amour, il faut se donner corps et âme, et prendre le risque de tout perdre…mais je n’étais pas prête à le faire et je ne le suis toujours pas…” et dont Tom, en dépression, souffre au point de ne plus pouvoir écrire. Milo et Carole, amis d’une enfance dure qui les a façonnés feront tout pour l’aider car “le monde ne te fera pas de cadeau, crois-moi. Si tu veux avoir une vie, vole-là (Lou andreas salomé).

C’est à ce moment que Billie, personnage secondaire de sa trilogie tombe du livre ! Mi réel et mi imaginaire, Billie doit retourner dans les mots pour vivre de l’imagination des lecteurs. En effet “le lecteur peut être considéré comme le personnage principal du roman, à égalité avec l’auteur, sans lui, rien ne se fait” (Elsa Triolet in La mise en mot).

Cette idée est exploitée de manière proprement extraordinaire.

Il s’ensuit un road movie où nos cinq héros rencontrent une ribambelle de personnages tous plus vrais les uns que les autres. Ils surviennent, vivent et survivent car “l’esprit des romanciers est habité, voire possédé par leurs personnages” ; de son coté, Tom affronte ses démons pour finir sa Trilogie et sauver Billie ; en fil rouge la Bugatti Veyron, le tableau de Chagall et le livre relié plein cuir.

Je ne dirai rien de la fin, cette chute à la fois surprenante et raisonnable marquant le renouveau de Tom, la renaissance de l’homme derrière l’artiste.

Bref ce livre fut un instant, un moment de lecture très agréable et à recommencer. Merci à ma fille Audrey, son insistance et son choix.

XO Editions, 2010, lu en Pocket, 475 pages, 2011.

Lectori salutem, Patrick

Publié dans romans

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