JOSEPH INCARDONA – TRASH CIRCUS

Publié le par Patrick Chabannes

JOSEPH INCARDONA – TRASH CIRCUS

"Nous avons su remplacer les notions de Bien et de Mal par celle du Plaisir et du Déplaisir. L’Enfer et la Paradis ont été inversés."

Auteur de roman noir, Joseph Incardona annonce la couleur : "Je suis le fruit de mon époque. Je sais trop bien que tout est déjà parti en couille. Je suis là pour accélérer la chute."

Pénétrons dans les entrailles de ce monde aux valeurs inversées, qui comme la messe médiatique de 20h, nous jette sa vulgarité au visage. Et c’est à coup de bite, de Porsche, de baise, de fric que l’auteur décrit sa vie vide de sens posant lucidement ce constat désespéré : "Je ne me suffis pas à moi-même."

Comme les accrocs aux jeux vidéos violents, les passionnés de voitures sur écran plasma, les connectés au monde électronique et social, cet homme postmoderne recherche encore le sens, le danger, la vie dans des valeurs tribales, celles des hooligans footeux. "Non tu n’es pas foutu tant qu’il y aura la meute. Le groupe, l’impunité du groupe te rend fort, guerrier, animal, loin des hypocrisies du bureau, des frustrations du quotidien où la peur règne. La peur de perdre : sa femme, ses enfants, son emploi, ses privilèges, son statut, sa dignité. Ce monde qu’il juge "femelle"."

Bravo à l’écrivain et à l’éditeur : L’écriture, le style, le vocabulaire sont à la hauteur de l’objectif : Accélérer la chute de l’Occident, révéler la vérité sur ce monde femelle et trouillard où les révolutionnaires demandent au Pouvoir la permission de défiler et le Peuple de s’esbaudir de leur courage.

Honte à l’écrivain et à l’éditeur : La littérature doit emporter l’homme au-delà des ses besoins reptiliens. Platon constate que l’envie de pisser prime sur la pensée. L’allégorie de la caverne ne devient pas pour autant une Idée de partouze.

L’homme ne se suffit pas à lui-même car il n’est pas la mesure du monde.

JOSEPH INCARDONA – TRASH CIRCUS

L’homme ne se suffit pas à lui-même car il n’est pas la mesure du monde.

Deux autres critiques : négative par Sharon et positive par Bibliomanu

Parigramme, Collection Noir 7.5, 2012, 220 pages, 14€

Lecture en partenariat avec BABELIO

Lectori salutem, Pikkendorff

Publié dans conscience

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