ALEXANDRE ASTIER – QUE MA JOIE DEMEURE

Publié le par Patrick Chabannes

ALEXANDRE ASTIER – QUE MA JOIE DEMEURE

"J'ai beaucoup travaillé. Quiconque travaillera comme moi pourra faire ce que j'ai fait."

Magnifique soirée, rire et sourire garantis, une leçon de musique, que dis-je une Master Class ! Nul besoin de connaître ou d’apprécier la musique baroque, aucune compétence en clavecin ou viole de gambe ne vous sera demandée. Nous sommes en 1733, asseyez-vous en l’église de St Thomas à Leipzig et assistez à la classe offerte aux paroissiens pauvres par le KapelMeister, Jean-Sébastien Bach (1685- 1750) alias Alexandre Astier.

Un remède contre la médiocrité ambiante. Voir le DVD et/ou aller au théâtre est obligatoire. Derrière un humour dévastateur, une présence hors norme et des textes écrits au cordeau, Alexandre Astier enseigne, partage et, allant jusqu’à user du clavecin comme la Cantor, vous fait entrer en communication avec JBB.

La magnifique mise en scène de Jean-Christophe Hembert (Karadoc de Kaamelott) soutient ce pari de rire de tout intelligemment sans que cela ne se voit. De savants changements de rythme et de lumière déplacent l’attention donnant l’illusion de l’action et de la vitesse dans l’immobilité. Le spectateur/pauvre de la Paroisse de St Thomas assistera à d’intimes in petto, à une leçon de musique flamboyante, à un monologue en miroir avec une Mamie et une chorale imaginaires et tellement présentes ou encore à une inspection d’orgue productrice de miel de curé.

Dérangé de temps à autre par les pleurs de Johann-Christoph, 3 ans et futur musicien, ce luthérien au caractère emporté, passionné du contrepoint et de l’harmonie, génie de la musique savante et de l’improvisation confie aux pauvres paroissiens du XXIème siècle ses malheurs personnels. En effet en ce froid hiver 1733, le couple Bach en aura perdu deux enfants, Régina-Johanne âgée de 4 ½ an et Johann August qui aura juste vu le jour. Perdre huit enfants, perdre une femme, perdre la vue…(Photo de JBB en 1715, mort de Louis XIV))

Il est d’ailleurs curieux de noter qu’Anna Magdalena survivra de dix ans, vivant de subsides et de mendicité à l’entrée de cette même cathédrale Saint Thomas.

Alexandre Astier / Jean-Sébastien Bach compose sur le vif avec génie, et comme le dit Forkel "il ne pouvait toucher une plume sans produire un chef-d'œuvre".

Spectacle écrit et interprété par Alexandre Astier et Mise en scène par Jean-Christophe Hembert, Karadoc dans Kaamelott avec son titre tiré de la cantate 147 de Bach

Lectori salutem, Patrick

Publié dans Musique, arts

Commenter cet article