HUBERT ARTUS - DONQUI FOOT ( DICTIONNAIRE ROCK, HISTORIQUE ET POLITIQUE DU FOOTBALL)

Publié le par Patrick Chabannes

HUBERT ARTUS - DONQUI FOOT ( DICTIONNAIRE ROCK, HISTORIQUE ET POLITIQUE DU FOOTBALL)

"En compétition il y a toujours un premier et un dernier mais l’important est de ne pas être le second de soi-même."

Amateurs de football, entrez dans cette anthologie subjective dans ces choix et objective quant aux informations qu’elle rapporte ; découvrez ce qui relie l’histoire du ballon rond à l’Histoire des hommes depuis 1948 ; retrouvez les héros de votre enfance perdue lorsque, balle au pied, vous étiez Zidane, Platini, Cruyff, Pelé ou Maradona.

Des anecdotes sur tout. Des chaussures au ballon, du dopage aux paris sportif, du sexe à la professionnalisation et bien sur des stars, des clubs. Par exemple la finale de coupe du monde 1954 qui vit l’Allemagne l’emporter sur la Hongrie au prix d’une jaunisse généralisée, témoignage cruel d’un dopage au glucose avec des seringues à la propreté douteuse.

Hors cela le livre peut décevoir le lecteur plus averti et plus exigeant à la recherche d’un livre rock’n roll. Hubert Artus, comme la plupart des journalistes de sa génération, a intégré les codes et sait ce qu’il peut dire ou même penser. Ainsi il dézingue quand il sait avoir le droit de tirer : "Ben Arfa dit avoir lu Nietzsche alors qu’il s’est probablement arrêté au titre, craignant sans doute un claquage au cerveau". Ce qui s’éclaire quand on sait que Atem BenArfa a accusé Abd Al Malik de vouloi l’embrigader dans une secte soufiste…

Nous pourrions lui retourner son mépris. Sa plume est sans caractère et tous les sujets sensibles sont consciencieusement évités : trafic, esclavage, islamisme, journalistes…Le Football organise un trafic d’être humains, appelés joueurs, entre l’Europe et l’Afrique, jettent à la rue les jeunes blessés, approvisionne les Dieux et le son public en esclaves sexuelles lors de ses manifestations. Un florilège de petites phrases permet de rire des autres à peu de frais. Vous noterez que les journalistes sportifs ne sont pas cités, et pourtant !!

"Bientôt grâce aux oligarques russes et aux Quatariens le football sera entièrement un sport de riches."

Pauvre Hubert Artus. Mettre dans la même phrase des évènements si différents…un confort pour ne pas réfléchir plus avant. L’esprit faux pose des questions fausses s’assurant bien de ne rien comprendre. Chut, il dort dans son petit confort les oreilles sur les yeux.

Et Zlatan Ibrahimović ? Pas de chance. En 2011, Zlatan est au top depuis plusieurs années mais il n’est pas dans le Dico alors que…

Avant le bel avant-propos d’Hubert Artus, empli d’une passion communicative, l’auteur ou l’éditeur de ce plaisant dictionnaire a pensé nécessaire de demander la caution d’Abd Al Malik sous la forme d’affligeante préface. Que Régis Fayette alias Abd Al Malik, prosélyte en diable comme le sont souvent les convertis, serve d’annonce pub en dit long sur le football français et sur les média. Et pourquoi le Quatar n’achèterait-il pas un club français ? le club de la capitale par exemple…c’est fait me dit-on…

"Si l’on devait qualifier plus précisément ce sport d’exception, le football serait le nom générique de notre société". Abd Al Malik

Et pourtant Abd Al Malik, en trois pages de psychologie de bazar alimentées par ses lectures mal digérées, démolit le livre, le sujet et le plaisir. Tapons dans le ballon : "Le football comme volonté et comme représentation de l’idéal républicain. Abd Al Malik".

Avec cette préface signifiante et la mise en cause des paris sportifs, on peut dire que ce Dico est rock, politique et historique, une fois : "Le plus inique étant de voir des clubs (Paris, Marseille..) avec des sponsors maillot comme Betclic. C'est-à-dire, portant sur eux le nom de l’entreprise qui, bientôt, pourra décider de leurs victoires, et donc de leurs sorts".

Edition Don Quichotte, Nouvelle édition augmentée, 2011, 500 pages, 19,90 €

Lectori salutem, Patrick

Publié dans Sport

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