JUSSI ADLER-OLSEN – DELIVRANCE

Publié le par Patrick Chabannes

JUSSI ADLER-OLSEN – DELIVRANCE

"Personne ne prit le temps de lire la série de lettres à demi effacées en tête du message, et personne ne se demanda pourquoi quelqu’un avait écrit un jour : AU SECOURS."

Troisième enquête du Département V de la police de Copenhague, Délivrance est ma première entrée dans l’univers de Jussi Adler-Olsen. La flopée de personnages aux relations compliquées participe à un scénario en poupée russe magnifiquement travaillé comme j’en ai rarement vu. Arrêtez tout, prenez le week-end, soyez concentré pour gouter du Adler-Olsen sinon vous allez louper un bon roman en le fermant à la page cent.

Un livre de week-end ou de vacances à lire en continu par période minimale de 90’.

Appel au secours dans une bouteille à la mer, des incendies criminels, deux enquêtes occupent l’équipe de Carl Mork. D’un rythme lent et continu, embrassant tel un grand tableau la totalité des histoires parallèles et leurs histoires filles imbriquées jusqu’à quatre niveaux de profondeur, animant une dizaine de personnages décrivant, dans des incidentes, la situation de leur point de vue avec moult détails de leur vie personnelle, le Grand Marionnettiste Virtuose Jussi Adler-Olsen, fait progresser son histoire jusqu’à terme comme une grand vague puissante achève son aventure à vos pieds sur le sable.

Ce grand canevas n’est pas exempt de défaut. De douloureux changements de contexte marquent certains chapitres. Il faut parfois attendre des dizaines de lignes avant qu’un prénom prenne la place du pronom personnel ornant des dizaines de verbes plongeant le lecteur dans l’embarras. Ou suis-je ? De qui s’agit-il ? Quand cela se passe-t-il ? Où ? Une pseudo tension agaçante.

Le Grand Magicien Jussi Adler-Olsen, traduit du danois par Caroline Berg, ne brille pas par sa langue somme toute assez neutre. Cette grande vague puissante ne propose pas de bons mots, d’aphorisme ou de rythmique particulière. Le talent est dans la manipulation du grand jeu, la littérature en est oubliée.

Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark. Hors le Grand Jeu, Jussi Adler-Olsen envoie des piques sur des sujets très différents les uns des autres. Des guerres des gangs dans Copenhague aux problèmes posés par la nouvelle société multiethnique, des ravages du libéralisme et de Bruxelles aux avec réductions des effectifs dans la fonction publique. A part dans des littératures engagées, il est rare de voir autant de sujets ne pouvant être compris que par les danois être aussi présents. Réduire les effectifs dans une fonction publique deux fois plus développée qu’en France ou s’attaquer à une immigration trois fois moins importante que dans l’hexagone. Curieux. Serait-ce une des raisons du succès de ce romancier ?

Albin Michel, 22,90€, 665 pages, Janvier 2013

Lectori salutem, Patrick

Publié dans Thriller

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