ALDOUS HUXLEY – LES PORTES DE LA PERCEPTION

Publié le par Patrick Chabannes

ALDOUS HUXLEY – LES PORTES DE LA PERCEPTION

"L’espace était toujours là ; mais il avait perdu de sa prédominance. L’esprit se préoccupait primordialement, non pas de mesures et de situations, mais d’être et de signification."

1954. Aldous Huxley relate une expérience sous mescaline ouvrant les portes de la perception vers la réalité ultime. Il s’agit donc d’une introduction à la vie mystique. L’ouvrage est suivi de plusieurs essais connexes sur le temps, le progrès, la paix, le tempérament, le psychique et le spirituel, les distractions, les mots, l’action ou encore la contemplation…

L’espace et le temps qui nous occupent tant perdent leur rang. De l’espace : "L’espace était toujours là ; mais il avait perdu de sa prédominance. L’esprit se préoccupait primordialement, non pas de mesures et de situations, mais d’être et de signification." De même à propos du temps : "Mon expérience effective avait été, et était encore, celle d’une durée infinie, ou bien celle d’un perpétuel présent constitué par une révélation unique et continuellement changeante".

Notre cerveau nous trahit. Aldous Huxley recherche, en faisant tomber des barrières mentales posées par notre cerveau, une réalité ultime comme le recherche aussi les grands mystiques par d’autre techniques et autres biais tels que le jeune, la méditation, l’isolement du monde…où même rajouterais-je le sport et surtout l’effort d’endurance. Comme Bergson l’a posé, la fonction première du cerveau, du système nerveux et des organes des sens est, dans l’ensemble, éliminative, et non productive. Il s’agit d’intercepter et de trier la masse d’information pour présenter un réel. La crainte du réel et la recherche d’un confort à l’abri dans un monde douillet rempli de symboles et de prêt à penser réduira d’autant plus les possibles. "N’importe quoi, plutôt que cet éclat brûlant de la Réalité sans mélange".

Prisonnier des sens, de ses craintes, du langage, l’homme cherche la voie, la porte dans le mur, l’illumination, cette transcendance en nous et hors de nous.

Un objet littéraire peu ordinaire obligeant à parcourir son moi empli de soi, son intérieur pollué par les distractions, ouvrant une porte à ceux, nombreux, qui continuent inlassablement à questionner leur vie, l’existence, le bonheur…

Lectori salutem, Patrick

Publié dans conscience

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