FRANÇOIS-MARIE PAILLER – A LA CONQUÊTE DE SA MÈRE

Publié le par Patrick Chabannes

FRANÇOIS-MARIE PAILLER – A LA CONQUÊTE DE SA MÈRE

“Ah c’est donc pour ça que les gars te trouvent un air malheureux.”

Trois nouvelles, un thème, un personnage. Soutenu par une plume musicale, les regrets rythment la mélopée de l’égo du héros. Pauvre Pierre-Marie, jamais heureux, jamais satisfait des opportunités que lui offre la vie. Reproduisant le modèle de ses ascendants courant après la reconnaissance de la société, le fils nous agace, toujours se regardant de l’œil de ses parents.

François-Marie Pailler jongle avec les instants de la vie de Pierre-Marie sans jamais lui laisser aucun répit. Il le laissera d’évader de sa prison sans se libérer pour autant de la recherche des titres et honneurs, de ses cartes de visite à rallonge. De combien de manipulations Pierre-Marie sera-t-il victime jusqu’à ce qu’enfin libéré des entraves de l’égo, il puisse exprimer son attention au monde, à la réalité cachée par notre bavardage incessant à propos de nous-même.

L’instituteur de Périgueux, l’équipage du chalut vendéen, le Deo Juvante. Maurice et Jojo, Paul et Charlot. François-Marie nous les présentent comme des vrais gens. Ils seront les personnages les plus attachants de ce roman.

A la conquête de sa mère, Pierre-Marie laisse à croire que l’on ne choisit pas sa famille…Insurgeons-nous ! Chacun peut trancher le nœud gordien de sa filiation.

La joie ne vient pas du dehors. Elle est en nous quoiqu’il arrive. La lumière ne vient pas du dehors. Elle est en nous, même sans les yeux.” In La lumière fut de Jacques Lusseyrand.

De cette tentative de catharsis ne grattant que la surface de soi, Pierre-Marie devra tirer l’énergie de creuser plus encore, dans des douleurs plus colorées, plus vives, pour faire apparaître, derrière sa petite musique des mots, son âme libérée des entraves du réel.

Editions Kelableanwi , 200 pages, 12,50€

Lectori salutem, Pikkendorff

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