SYLVAIN TESSON – DANS LES FORÊTS DE SIBÉRIE

Publié le par Patrick Chabannes

SYLVAIN TESSON – DANS LES FORÊTS DE SIBÉRIE

“La liberté existe toujours. Il suffit d’en payer le prix.” Henry de Montherlant, Carnets 1957.

Voyage immobile de l’ermite Tesson qui, de sa cabane sur les bords du lac Baïkal, soumet le temps et domine l’espace.

Journal d’ermitage à la poésie envoutante fourmillant de paradoxes et de contradictions le rendant fidèle à l’esprit de l’écrivain voyageur.

Les mots brûlants de l’ermite enfiévré, nés des longues conversations avec sa fenêtre, pénètrent loin dans l’imaginaire du citadin emprisonné volontaire. “L’imprévu de l’ermite sont ses pensées. Elles seules rompent le cours des heures identiques. Il faut rêver pour se surprendre.”

L’ermite volontaire, avec ses livres de dandy et sa vie de moujik, expérimente le vertige temporel, cette peur du vide de temps ; cette même peur qui tiraille l’urbain l’obligeant à courir pour l’oublier.

De Février à Juillet 2010, Sylvain Tesson s’arrime au bord du lac Baïkal. Ses plus proches voisins sont à des heures de marche. Son univers : une fenêtre. Une cabane de 3 mètres sur 3 posé au cap des cèdres du nord (N 54°26’45.12’’ / E 108° 32’ 40.32’’). “J’y ai emporté des livres (liste page 33), des cigares et de la vodka. Le reste – l’espace, le silence et la solitude – était déjà là.”

Premier jour, 15 Février

“Le camion n’est plus qu’un point. Je suis seul. Les montagnes m’apparaissent plus sévère. Le pays me saute au visage. C’est fou ce que l’homme accapare l’attention de l’homme. La présence des autres affadit le monde. La solitude est cette conquête qui vous rend la jouissance des choses.”

S’il n’y avait qu’un livre à lire cette année….choisissez ce moment de solitude.

“Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu’un à qui l’expliquer.”

Gallimard, NRF, 2012, 266 pages

Lectori salutem, Patrick

Publié dans voyage

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