Le Train du matin

Publié le par Patrick Chabannes

Sa jeunesse enfuie s’assoit péniblement, ses yeux d’adolescent brillent en se posant sur Elle. Dans cette voiture bondée de solitudes choisies, les mains tavelées se parlent et nul ne peut les voir, emplis qu’ils sont tous de la vacuité de leurs présents immédiats.

Sérieux et appliqué, la soixantaine dégarnie, l’indigent journal lui salit les doigts et le regard qu’il n’a plus pour Elle, assise face à lui, transparente depuis si longtemps. Elle attend.

Les souvenirs de ce chaud dimanche en guise de vade mecum, l’Iphone protège la jolie blonde du hasard des rencontres inopinées.

Dans le train du matin, les intelligences fuient dans les magazines démocratiques.

Publié dans rêves en plumes

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