OLIVIER DE KERSAUSON – LE MONDE COMME IL ME PARLE

Publié le par Patrick Chabannes

OLIVIER DE KERSAUSON – LE MONDE COMME IL ME PARLE

La terre, c’est un accident de l’océan.

Une écriture brute, sans fard. Une brutale poésie glorifiant la vie. Propos d’un homme libre regardant le large sans juger ceux qui rampent encore. “N’étant pas gestionnaire du cerveau d’autrui, je ne vois pas pourquoi je serai préoccupé de ce qu’il pense.

Une ode à la prise de risque, à l’exigence, à l’excellence. “Aller au risque, c’est toujours emprunter la voie la plus dure mais elle emmène quelque part. Les voies faciles n’emmènent nulle part. Je le pense et je l’applique.

Un grand moment de lecture, les yeux brillants, suivant de loin celui qui, par son talent et ses choix, a fait, dans les pas de Eric Tabarly, ce qu’est aujourd’hui la course au large. Métier d’homme de mer, l’esthétique de la vitesse, la géographie du monde, l’enchantement devant la violence et la puissance des océans. “Ce que je sais de la mer, ça tient sur une feuille de papier d’un seul coté, mais je le sais. Et nous sommes trois ou quatre au monde à le savoir.

Et encore du rêve avec les courses en solitaire. L’exigence comme code et l’honneur de commander un équipage, la recherche de “l’excellence des autres bâtie sur cette poussière d’étoile que tout le monde a un peu. ” Et les bateaux…toujours plus beaux, plus rapide, plus efficace….la vitesse.

J’avais déjà été captivé par Ocean Song, un tour sur toutes les mers du globe que l’on peut lire et relire. Chaque mer a son identité, ses forces, son attitude. Relire Ocean Song : cliquez ici

Au nord test de Fakarava, aux Tuamotu, quand la mer vient se briser, le monde me parle. Le ressac d’une plage peut être modifiée par un bateau qui passe; pas aux Tuamotu, où seul la mer s’exprime. Rien d’autre que l’effet de la mer et de la vague ne peut modifier la bande-son du récif. Ici, on a l’impression déchirante que ça tape depuis des milliers d’années. Ce temps de la vague qui s’écrase, ce bruit de l’océan qui respire, signifie que nous ne sommes pas là pour longtemps. Le monde ici me dit clairement que je ne suis qu’un passant. Alors je pense dans mon fort intérieur : « il me suffirait d’être ce mouvement là pour être éternel. » Le bruit du récif indique que je suis déjà vaincu.”

Le Cherche midi, 2013, 150 pages, 16,50€ seulement

Lectori salutem, Patrick

Publié dans voyage

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