PHILIPPE DE VILLIERS – LE ROMAN DE SAINT LOUIS

Publié le par Patrick Chabannes

PHILIPPE DE VILLIERS – LE ROMAN DE SAINT LOUIS

“Il faut mettre plus de distance dans le regard, plus de temps dans la résolution, pour échapper aux jardins clos de nos incuriosités. ”
Il est des livres qui racontent, d’autres qui instruisent, certains qui élèvent, le Roman de Saint Louis, lui, se vit.

Ce très brillant Roman de Saint Louis livre, au milieu de la fureur du siècle, le chemin intérieur de celui qui fut l’un de ces très grands hommes d’état qui firent la France avec le Peuple contre les Barons. La leçon de Bouvines devint une règle capétienne : “Protège les faibles. Ils te protégeront. Ce sont les merciers et les meuniers, les crieurs à vin, les cervoisiers, les fripiers et les chaussiers qui ont fait tourner le soleil de la victoire. Ils te mandent de tenir justice sur haut et bas, sur pauvres et riches. ”

Philippe de Villiers a la rare délicatesse de laisser la place à Louis IX. Sa culture encyclopédique issue d’une bibliographie de 200 ouvrages et sa langue magnifiquement travaillée sont mises au service du capétien.

Les sentiments et les questionnements de l’homme de devoir pourront être considéré comme un exemple à suivre par le personnel politique trop souvent par trop rempli de lui-même pour entendre ceux qu’il entend conduire. Peut-être leur faudrait-il écrire eux-mêmes leur Miroirs des Princes pour aller au cœur de ce qu’ils apprirent en occupant leur fonction à l’intention de ceux qui leur succéderont.

Vous avez dit ascenseur social ? “Que Maurice de Sully, né d’un mendiant a reconstruit Notre-Dame après l’incendie. Que Suger, qui fit Saint-Denis, était le fils d’un serf. La plupart des architectes étaient enfants de chevrier ou de pauvres artisans. Les oeuvriers de haute lisse étaient tous de petite naissance. ”

PHILIPPE DE VILLIERS – LE ROMAN DE SAINT LOUIS

Louis de Poissy naquit en 1214 en Août. Juillet fut marqué par la victoire de Bouvines fut le point culminant de l’extension du domaine royal par son grand-Père Philippe II (Philippe Auguste). Les communes libres renforcèrent l’Ost royal et furent les artisans de la victoire contre le Saint Empire Germanique et les Plantagenets.

Son père Louis VIII, le rappelle à ses devoirs en ces termes : “Prend garde, Louis : un enfant roi n’a pas d’enfance. Il entre en souci de sagesse dès l’onction baptismale.”

Roi en 1223, Louis VIII meurt 1226 laissant sa femme, Blanche de Castille avec un enfançon-roi. Les barons enhardis prennent une déculottée grâce, de nouveau, au Peuple. S’il reste encore des cerfs rappelons que si “il est impossible de vendre un serf. Il est impossible de ne pas vendre un esclave”. Puis le mariage avec Marguerite de Provence et enfin les croisades. Ce sujet sensible et polémique s’il en fut est au centre de la vie de Saint Louis. Philippe de Villiers s’en tire magnifiquement grâce probablement à la lecture d’ouvrages sur les croisades vues par les musulmans et une absence totale d’idéologie. Vous adorerez sa manière d’aborder le sujet.

Deux luttes se distinguent tant elles sont encore présentes aujourd’hui :

L’indépendance des Universités vis à vis du Pouvoir temporel. Sujet sur lequel la République aurait à beaucoup progresser.

La relation entre Temporel et Spirituel qui fut un marqueur entre les Rois de France et les Papes. Les Rois entendaient que les Papes respectent la parole du Christ : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui lui appartient.

“Au seuil de mon règne, je sentais, hélas, que la confusion des deux cités, terrestre et céleste, avait conduit beaucoup d’évêque et d’abbés à se comporter comme des barons de la crosse, princes et autant de prélats. ”

Un petit dernier à l’intention de ceux qui quémandent la manne publique pour construire de nouveaux lieux de culte. Apprenez que La Cathédrale de Strasbourg fut érigée en soixante ans. Et “que cent mille hommes ont travaillé dans un marécage, à sculpter le grès des Vosges. La nuit, ils continuaient au flambeau. ”

Albin Michel, 2013, 22€ bien investi, 500 pages finies d’écrire le 25 Août 1270 sous l’ardent soleil de Tunis.

Lectori salutem, Pikkendorff

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