AURELIEN BELLANGER – LA THEORIE DE L’INFORMATION

Publié le par Patrick Chabannes

AURELIEN BELLANGER – LA THEORIE DE L’INFORMATION

« En 1995 l’ensemble des pages web tenait dans deux armoires de serveurs. Certaines sociétés, comme celle qui éditaient des moteurs de recherche, possédaient une copie de l’intégralité du web. »
Journal de la naissance d’un monde nouveau. Rajeunissez lecteurs, voici d’un trait racontée l’arrivée fantastique de l’ère de l’information. Du Minitel à l’Internet, de l’informatique à l’information, Aurélien Bellanger partage, par l’intermédiaire de son héros Pascal Ertanger, avec talent et sous une forme romancée et vivante, nos années 80, notre présent et trace les lignes d’un futur.

Les étapes excitent notre mémoire, les dates si rapprochées l’affole. L’on note au détour que si la pornographie en ligne, de Free à Wikipedia, fit des fortunes, c’est d’abord parce que ce marché est libre. Addictif, récurrent et de grand volume mais surtout libre. Les richesses produites furent réinvesties le plus souvent dans les évolutions des modèles business de marchés moins ouverts et entraînées par la digitalisation.

Souvenirs, souvenirs…Le Minitel, les ZX81, les jeux de rôle Zelda ou Donjons et dragons (83), l’Apple II, la carte à puce de Moreno, le RadioCom 2000, HTML l’hypertexte (1991), Mosaic le premier navigateur web (1993), l‘accord mondial de l’ouverture à la concurrence du marché des télécommunication sous l’égide de l’OMC (1998), le Palm Pilot (2000) ancêtre des smartphones, l’ADSL (2000) apporte internet dans les foyers sans France Telecom, youtube, microsoft, web 2.0, google, applestore, les consoles de jeu …Arrgllll, trop plein de nouveautés technologiques et de nouveaux business modèles.

« Il n’existait aucun dispositif capable d’amortir les mouvements désordonnés du monde ; le monde était lâché dans le temps et aucun instrument n’était capable de le retenir. »

Brisant intelligemment le rythme romanesque pour mieux le relancer, Aurélien Bellanger place à la fin de chaque chapitre une ou deux pages relatant l’évolution de nos connaissances théoriques sur l’émergence et l’épanouissement de la théorie de l’information. L’on retiendra par exemple cette intuition du mathématicien C.E Shannon : " Pour qu’il y ait communication, il faut que le destinataire ignore ce qui va lui être transmis. Shannon nomme information la levée de cette incertitude, opérée par la réception d’un message. L’information est donc proportionnelle à la quantité de surprise que ce message contient : moins le destinataire est capable d’anticiper ce qu’il va recevoir, plus l’incertitude dissipée sera grande. La quantité d’information par message étant maximale quand la source est aléatoire. L’information, au sens de Shannon, n’est que cela." Génial, n’est-il pas ?

La jeunesse t’appelle. Que te faut-il pour décider ? Méphistophélès n’a point de clavier, ni Faust de PC, et déjà la promesse de la vie éternelle faisait danser les puissants.

La disparition de la frontière entre l’homme et la machine marque l’aube d’une nouvelle ère. Sommes-nous pour autant à la fin des temps de révolutions historiques ? Les révolutions scientifiques et techniques seront-elles les seuls moteurs du changement sur notre petite planète ? Des Post-Humains aux Trans-Humains, l’humanité immortelle et augmentée rêvée par les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) tâtonne à la recherche du mode de fonctionnement du cerveau tout en projetant un futur bâti sur la technologie et oubliant que l’homme augmenté dans sa réalité restera aveugle aux mystères révélés par tant d’éveillés.

Merci à mon ami Antoine qui me fit partager cette lecture.

Folio, no : 5702, Janvier 2014, 529 pages, un léger 8,40 € pour revivre la révolution internet et plus encore.

Lectori salutem, Pikkendorff

Publié dans Economie, histoire

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