GEORGES R.R MARTIN – ARMAGEDDON RAG

Publié le par Patrick Chabannes

GEORGES R.R MARTIN – ARMAGEDDON RAG

"Je suis revenu pour tout remettre à plat. Mener finalement le dernier combat. Alors quon peut entendre la marche d’Armageddon." Armageddon Rag, Nazgûl, 1971
L’imprésario Jamie Lynch, has been controversé, est retrouvé ligoté sur son bureau, le cœur arraché. Sandy Blair, journaliste musical, se voit confier par le Hedgehog le soin de faire un papier sur cette affaire. L’enquête le plonge dans la contre-culture musicale américaine des années 60, au sein des groupes produit par Lynch au premier rang desquels les Nazgûls. Rock stars déchues et hippis décatis ou époque phare de la musique préindustrielle, Georges R.R. Martin nous offre un voyage dans l’Amérique underground grâce à un roman policier intense, nostalgique et bouleversant.

"I see a bad moon a-rising, I see trouble on the way." John Fogerty, Bad Moon rising.

Music to wake the Dead, le dernier album des Nazgûl avant le drame final de West Mesa en 1971. Sur la pochette de l’album Hobbins, dans son ensemble en jean noir avec des boutons en os, avec sur son aine, cousu un drapeau américain où l’œil de Mordor remplace les étoiles, chante : « Baby, tu m’arraches le cœur, Baby, tu draines tout mon sang ». Jamie Lynch était mort et quelqu’un lui avait véritablement arraché le cœur, attaché sur son bureau, le dos collé à l’affiche du concert de West Mesa…

" A notre époque, le Mouvement a explosé sur le rythme soutenu du rock, il s’est développé avec lui. Drogues et sexe, rock et révolution, paix et liberté. Et je crois que nos ennemis l’ont mieux compris que nous. Nous représentions une menace pour leur système pourri, leur puissance corrompue et leur richesse immorale. Notre musique avait déjà broyé la leur, la chassant des ondes, des rues et de la culture et le reste suivrait immanquablement. Qu’ils en aient pris conscience est pour moi une certitude. Et la musique est morte. Petit à petit, en partie par hasard, en partie à dessein. Les Beatles se sont dissous, comme des centaines d’autres groupes. Ce qui était agressif, effrayant, a été banni des ondes. Les financiers ont renforcé leur contrôle sur les média et les maisons de disques, pour expurger le rock de sa vitalité, transmuer l’acier en guimauve, progressivement, jour après jour, étouffant insidieusement notre feu intérieur sans qu’un seul d’entre nous le remarque. Et ceux qu’il était impossible d’acheter, de briser ou d’envoyer au rencard, les plus influents et dangereux, ils les ont éliminés. Hendrix, Joplin. Jim Morrisson. Et pour finir Hobbins, à West Mesa. »

Affaire d’argent, tueur en série, révolutionnaires underground, sexe, maison de disque, politique…la quête de Sandy Blair ne sera pas de tout repos.

Folio Science Fiction, no : 483, Avril 2014, 590 pages parcourues au son d’un riffshot.

Lectori salutem, Pikkendorff

Publié dans Musique, Polar

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