DAN BROWN – INFERNO

Publié le par Patrick Chabannes

DAN BROWN – INFERNO

J’ai la clef pour le trouver. Si j’échoue, ce sera partout la mort. ”

La course contre la mort dans la belle Florence et la mystérieuse Istanbul, le Professeur Langdon et la curieuse Sienna, le guide touristique en main, suivent le jeu de piste proposé par le méchant bio-terroriste prétendant résoudre drastiquement la question d’une surpopulation par lui diagnostiquée comme mortelle pour l’espèce.

Après le succès mondial du roman ésotérique du Da Vinci Code (2004), discutable sur le fond et efficace sur la forme, Dan Brown bissa avec son Anges et Démons (2005) sans retrouver l’efficacité du précédent. Roman ou essai, le Symbole perdu (2009) nous égara dans un pavé de 600 pages là où 250 auraient fait l’affaire. Sa fin interminable aurait du sonner celle de celui qui hésite entre les rôles de romancier, gourou ou journaliste en mêlant les genres pour la belle confusion de ses lecteurs.

Pour Inferno, Dan Brown précise d’entrée que l’iconographie, les textes et les références historiques donnés dans cet ouvrage sont réels. Nous lui ferons donc confiance cette fois-ci. Du travail de documentation surgissent, toutes les deux pages, des anecdotes et des curiosités historiques. Oubliez le roman qui ne casse pas quatre pattes à un canard. L’on prendra du plaisir à lire ce guide touristique au ton enlevé. Dommage qu’aucune table ne soit conseillée. Nous sommes en Italie tout de même ! Ah ces ricains !

Ses yeux, quoique marron, recelaient une profondeur inhabituelle…(page 20) Dan Brown semble avoir un dossier en cours contre les belles aux yeux marrons.

Notons l’excellente traduction de l’anglais américain par Dominique Defert et Carole Delporte. « J’ai traduit Dan Brown dans un bunker, il y avait deux gardes armés » : Lire l’entretien

La confiance n’excluant pas le contrôle, je suis surpris par l’information suivante : “D’un point de vue architectural, le terme basilique désignait une église de style byzantin érigée en Europe ou en Occident.” Pourtant le titre de basilique est octroyé par le Saint Père et l’architecture n’a rien à voir à l’affaire. Mais le prudent “d’un point de vue architectura” sauve les apparences. Il est bien possible que les traducteurs soient à remercier pour cette subtilité.

Les endroits les plus sombres de l’enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crise morale. Une citation ? Plus fort qu’une citation. Une maxime directement inspirée de l’œuvre de Dante Alighieri. E quoi l’est-elle ? Elle l’est et puis c’est tout. Et pour faire bonne mesure, je te la colle en exergue.

Combien d’autres subtilités ? Combien d’autres approximations ?

Ne parlons pas de la fin bâclée, cela fâcherait et puis un guide vert a-t-il besoin d’une fin ?

Nous partagerons donc l’avis de Fabrice Pliskin sur BiblioObs : « Le lecteur, lui, est en droit de se dire, tel l'Ecclésiaste: ça m'en touche une sans faire bouger l'autre ».

JCLattes, 2013, 564 pages et trop cher de toutes façons.

Lectori salutem, Pikkendorff

Publié dans Thriller

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article