A.D.G – POUR VENGER PEPERE

Publié le par Patrick Chabannes

A.D.G – POUR VENGER PEPERE

"Et puis tuer ceux qui l’avait déchiqueté, gratuitement. Au nom de l’épuisette, du goujon et de la piété réunis".

La Touraine.. Entre la Loire et le Cher coule le montlouis. Véretz, loin de Paris ou de Marseille, ici le malheur c’est de n’être point prêt pour dix heures, l’heure des braves, de la pêche et du vin blanc. La Touraine à l’air paisible mais quand trois malfrats tapent le Crédit Agricole de Bléré en dézinguant pépère et deux pandores, que la maréchaussée soit ou non d’accord, les sangs s’échauffent et la chasse aux malfaisants est ouverte.

Comme le dit le petit-fils attristé mais revanchard : Pépère s’est fait repasser ; "Il n’y aura plus jamais de casse-croute de dix heures. Rillettes et rillons, ne rions plus" mais menons l’enquête aidé de Machin alias Serguie Djerbitskine et des ses amis tous de gais "hydropathes".

A.D.G, maître du roman noir, déroule tranquille son enquête entre fillettes de blancs, rillons et d’audacieuses spéculations impliquant de notables peu recommandables quand, au détour d’une page, deux petites frappes démolissent notre héros. Le commissaire Hennique en personne n’avait-il pas prévenu d’un discret : "Faites très attention, ne cherchez pas trop autour de cette affaire. Tout est simple". Simple tu parles, Charles. Resserre-nous donc deux Montlouis !

Grâce à la rencontre de l’étrange Monsieur Godot, "un type fort à la mine avenante d’un qui ne se torche pas à l’eau minérale", le fil nous mène d’un mauvais chrétien, Christian Jouax, tueur de son état au père Cétieux, baron local de la république et du pognon réunis.

Ah la belle et tranquille province et Chinon, petite ville, grand renom, assise sur la pierre ancienne, au haut le bois, au pied la vienne, écrivait Rabelais.

Et voilà que, sur un ton badin émaillé de jeu de mots et de considérations viticoles, ça défouraille, ça joue du PM et du P38. Les chiffres de la mortalité tourangère s’affolent….et comme il est de bon ton, le gentil dézinguera le méchant…

"Sans doute nous étions-nous croisés, il y a quinze ans, lorsque les chaines de vélo servaient de dialectique entre les différents quartiers de la ville…mais il avait croisé mon chemin une fois de trop."

ADG /Alain Fournier (1947-2004) est considéré comme un des maîtres français du roman noir. Autodidacte et dévoreur de livres, A.D.G. se réclame de Céline, de Boudard et d’Albert Simonin ».publie son premier roman en 1971 sous le pseudonyme A.D.G par mesure de prudence car "l’action se passait dans les milieux marseillais avec des gens qui existaient".

Gallimard, Folio Policier en 2000, 236 pages

Lectori salutem, Patrick

Publié dans Polar

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