Emmanuel Grand – Les salauds devront payer

Publié le par Patrick Chabannes

Emmanuel Grand – Les salauds devront payer

"C’est écrit. Dans le code pénal comme dans la Bible : un jour les salauds devront payer."
Deux ans après son excellent Terminus Belz, Emmanuel Grand revient en force avec ce titre digne des policiers des années. Que l’on ne s’y trompe pas Emmanuel Grand, ce deuxième ouvrage marque son entrée définitive parmi nos meilleurs auteurs de romans policiers.

Une histoire, d’abord une histoire, telle est la règle des polars.
Chez Emmanuel Grand l’histoire tient la première place. Le lecteur prend le livre et ne le lâchera qu’à la toute dernière page après avoir été emmené sur plusieurs mauvaises pistes, vécu des rebondissements, s’être attaché aux personnages crayonnés à grands coup de plume et se surprendra à réclamer une autre aventure de Buchmeyer et Saliha, les deux flics du Nord.

L'âme du roman, les lieux et les personnages.
Offrant une épaisseur à l’histoire, l’auteur créé, à traits vifs, avec détachement, sans prendre parti, une peinture du réel où l’âme des lieux devient partie prenante. Sur fond de guerres en Algérie ou en Indochine, de désindustrialisation et d’immigration du Nord de la France, de violences et de descriptions poignantes des sites industriels envahis de souvenirs, ils sont souvent durs, violents et attachants ; anciens communistes ou OAS, grèvistes CGT ou briseurs de grève, patrons voyous ou homme de main, soldats perdus ou traîtres idéalistes ; ils sont l’âme sur la trame, les invisibles fractures.

Buchmeyer et Saliha. Les deux enquêteurs.
Elle, revancharde pragmatique, une foutue cartesienne et lui, le policier qui savait lire les fractures de l’âme, les fractures affleurant sous la surface, invisible, enfouies, assoupies et qui le moment venu faisaient irruption, bouillante et rouge comme des feux surgissant des enfers.

Deux ans de travail, une écriture ciselée, dépouillée, une histoire solide et rapide, une profondeur créée par les lieux et les situations, ce roman policier accessible à tous le monde n’attend que ses lecteurs pour vivre pleinement.

Liana Levi, 2015, 378 pages, un très mérité 20€ pour 6 heures de mystères…..

Lectori salutem, Patrick

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