Frédéric Charpier – L’agent Duclos

Publié le par Patrick Chabannes

Frédéric Charpier – L’agent Duclos

Ou l’histoire de l’appareil secret du Parti communiste français de 1920 à 1975

La grande guerre s’achève dans le sang de l’hécatombe des jeunes hommes, l’incurie de Nivelle et les mutineries de 1917. La révolution blochevique prend de l’ampleur, le Tsar abdique en 1917, dans les camps de prisonniers les idées volent sans frontières. Duclos en sera dès 1919, en campagne électorale pour les législatives aux cotés de Paul Vaillant-Couturier.

Dès 1924 Jacques Duclos sera aux premières loges aux cotés de Suzanne Girault, dirigeante à poigne de l’appareil, épouse d’un révolutionnaire russe, mère de son Léon entré dans l’armée rouge….Entrée dans l’appareil secret du Parti, création du Front Rouge, puis directement agent du Komintern Jacques Duclos est l’homme de l’ombre, un homme dangereux, mortel pour certains.

Sur fond de déclassement de documents confidentiels, avec le paravent de l’humour et le détachement de l’historien, Frédéric Charpier décrit l’incroyable industrialisation de l’espionnage de la France par l’appareil de la section française du Parti communiste entre deux guerres au profit de l’Union Soviétique. Puis la guerre d’Espagne, les mortelles luttes et purges, la destruction des troskistes, le rôle plus que trouble du journal l’Humanité, les conséquences du pacte avec Hitler en 39, en 40 les pourparlers avec les nazis pour l’autorisation de parution des journaux communistes, , 21 Août 41 entrée de l’appareil contre l’occupant par l’attentat commis par Pierre Georges dit colonel Fabien…2 Décembre 1945, vote des nationalisations, Jacques Duclos membre du bureau politique, l’étoile du béarnais est au zénith prêt pour la période de la guerre froide et la décolonisation, période particulièrement riche pour les maitres espions.

Procès truqués, surveillance de tous, espionnage, meurtres, argent sale, imprimé ou détourné, détournement de fonds, traîtrises, sabotages, les dirigeants du PCF furent fidèles à leur foi en une nouvelle religion sans dieu et sans amour

En 1975, 45 000 personnes assistent aux obsèques du maitre espion, de l’homme de l’ombre, du dernier chef communiste, de l’un des derniers staliniens, salué par le gaulliste Albin Chalandon par ces mots : Il laisse le souvenir d’un homme cultivé, plein d’esprit et de bonhommie.

Les 10 dix commandements du travail illégal

Ne trahis dans aucun cas le travail du Parti et les camarades du Parti.
Ne demande et ne conserve sur toi aucun nom et aucune adresse, même en écriture secrète.
Ne garde aucun écrit et littérature dans ton logement.
Évite en travaillant pour le Parti les dangers inutiles.
Ne repousse pas un travail que te confie le Parti parce qu’il est dangereux.
Ne te vante jamais de ce que tu peux faire ou de ce que tu as fait pour le Parti.
Ne fais pas état de ton appartenance au Parti lorsque cela n’est pas utile.
Fais attention que des mouchards de suis fan du travail pour le parti que tu vas à l’assemblée.
Évite le danger mais le faire fa courage.
Lorsqu’on t'arrête, ne répond à aucune question soit à l’instruction, soit devant le tribunal.

1925 – anonyme – Document saisi chez Suzanne Girault

Facile à lire, sans jugement sur le fond, l’ouvrage est lisible par tous et toutes quelques soit vos bords politiques. L’absence de l’histoire du rôle du PCF des programmes scolaires rend plus impératif encore cette réinformation autant nécessaire car sévissant encore dans l’état profond qu’inutile tant ce monde est enterré au cimetière des idées mortifères.

Seuil, 348 pages, 22€ pour une page d’histoire passée sous silence

Lectori salutem, Patrick

Publié dans histoire

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