HANNAH ARENDT – LES ORIGINES DU TOTALITARISME

Publié le par Patrick Chabannes

HANNAH ARENDT – LES ORIGINES DU TOTALITARISME

- Les Juifs sont à l’origine de la guerre. - Oui, les Juifs et les cyclistes. - Pourquoi les cyclistes ? - Pourquoi les Juifs ?
Est-il une lecture qui m’aura le plus appris sur l’homme, sur la question de l’identité et sur le mal. Si d’autres pages ont souvent bouleversé mes croyances pour mon plus grand plaisir, celles-ci font surgir l’histoire intime de nos nations avec la communauté juive, l’histoire d’un peuple sans gouvernement, sans pays et sans langue. Aucune des parties prenantes ne sortira indemne de la profondeur et l’équilibre de jugement d’Hannah Arendt (1906 – 1975). Et aujourd’hui ce livre se trouve plus nécessaire qu’hier encore pour d’une part comprendre le jeu des communautés face aux individus devenus plus libres et plus fragiles face aux jeux dangereux des identités plurielles et d’autre part pour alimenter sa réflexion sur certaines raisons expliquant la présence d’Israël au cœur du dar al-Islam.

"Ce livre constitue une tentative de compréhension de fait, qui au premier coup d’œil, et même au second, semblaient simplement révoltant."
Ces textes souvent tranchants ont divisé et continueront de diviser par leur absence de parti paris si ce n’est celui de la vérité sans fard. Aussi laisserais-je sans commentaire additionnel le lecteur prendre une semaine de vacance pour plonger dans les textes phares de la pensée du XXème siècles réouvrant des débats parfois interdits : L’antisémitisme, l’impérialisme, le totalitarisme.

"La richesse sans fonction apparente est beaucoup plus intolérable parce que personne ne comprend pourquoi on devrait la tolérer." In L’antisémitisme, Hannah Arendt

Les cinq cents pages d’Eichmann à Jérusalem sont une longue étude sur la méchanceté humaine, la leçon de la terrible, de l’indicible, de l’impensable banalité du mal. Vous avez bien lu. Il n’est pas écrit la banalité du mal mais « la terrible, de l’indicible, de l’impensable banalité du mal », ce qui est, vous en conviendrez, un poil différent. Ah Sophistes ! Je vous hais.

Eichman à Jérusalem fut l’objet d’un film titré Hannah Arendt. « Le film de Margarethe Von Trotta, qui décrit la façon dont la philosophe a «couvert» le procès Eichmann, est coulé dans une forme pesante mais rappelle de manière bienvenue l'importance de la réflexion individuelle face aux conformismes » dira justement Jean-Michel Frodon sur Slate quand de son coté Mediapart apprécié peu, ce qui est en soi une critique positive, et que Rue 89.Nouvel Obs conseille vivement de relire avant de revoir.

Hannah Arendt nous renvoie à une possible responsabilité collective.
"Nous avons beau connaître les activités et le rôle spécifique de la police secrète totalitaire, nous ne savons pas dans quelle mesure et jusqu’à quel point le secret de cette société secrète correspond, à notre époque, aux désirs secrets et aux secrètes complicités des masses". In Le totalitarisme. Hannah Arendt

De l’instabilité de la vérité dans le monde
"C’est des opinions que procède la persuasion, mais non point la vérité." In Phèdre, 260, Platon.
La différence frappante entre les sophistes antiques et les sophistes modernes est que les anciens se contentaient d’une victoire fugitive dans la discussion, aux dépens de la vérité, tandis que les modernes veulent une victoire plus durable, aux dépens de la réalité. In L’antisémitisme, Hannah Arendt

Des comités théodules
"Tout prolonge sa propre existence en niant cette existence même." In the return of Don Quixote de G.K Chesterton.

Quarto Gallimard, Mai 2002, sous la direction de Pierre Bouretz, 1600 pages

Lectori salutem, Patrick

Publié dans histoire, conscience

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