Robert Paturel – Les panthères noires de Bièvres

Publié le par Patrick Chabannes

Robert Paturel – Les panthères noires de Bièvres

“Je compare un policier qui ne sait pas combattre à un maître-nageur ne sachant pas nager. Avoir la prétention de porter secours sans en avoir les moyens est une aberration, ou un suicide.”

Roman vrai, paroles simples et directes, témoignage d’un homme d’action au nom des Seigneurs, de ces hommes d’élite tant sur le plan moral que professionnel, ces hommes effacés et toujours présents derrière chacun d’entre nous assurant la survie d’une société démocratique face à la menace terroriste.

Robert Paturel, d’une plume simple, détachée, presque neutre, évite l’écueil de l’introspection dans cette fiction autobiographique ; et pourtant les émotions fortes sont présentes, à tout instant : peur, courage, tension, camaraderie ; remarquable discrétion personnelle totalement opposée à la vulgarité de nos élites audiovisuelles exposant leurs tares, leurs vices et leurs vies au regard du vulgum pecus. Ce sera au lecteur de deviner l’incompréhensible, de sentir les tensions, de ressentir la peur et le courage, de croire de nouveau au code de la chevalerie, à l’honneur, au dévouement ; autant de notions perdues éloignées de nos codes quotidiens.

Avec Robert Paturel, nous irons à la rencontre des hommes, de leurs actions, de leurs formations. Nous tremblerons avec eux, nous connaîtrons ces panthères noires, ces hommes à notre service. Ces guerriers capables de prendre la bonne décision en moins d’une seconde, alors qu’il faut plusieurs mois à un magistrat pour en prendre une, de décision. Ces hommes en butte aux journalistes, aux bonnes âmes, à la justice tatillonne, bref tous ceux qui critiquent les hommes d’action en ayant le cul sur une chaise, dans un salon douillet ; ces juges interdisant d’intervenir avant 6h du matin alors que les islamistes radicaux sont déjà debout pour la prière de 5h ou ces journalistes prenant bien garde de ne pas dénoncer les actes de barbarie de ces barbares connaissant bien les risques.

Pourquoi le RAID (Recherche, assistance, intervention, dissuasion) en 1985 lorsque la France découvre l’horreur du terrorisme islamique, aveugle, meurtrier. Cette menace sur les démocraties oblige à la réorganisation des services n’ayant pas eu de missions sérieuses depuis la fin de la guerre froide. Combien d’opérations terroristes étouffées dans l’œuf ? Voilà des années que le RAID démantèle les groupes avant qu’ils ne passent à l’action faisant de ce service l’ennemi juré des terroristes et une cible potentielle pour tous les activistes extrémistes. Pendant ce temps là, le peuple français oublie et ne comprend même pas que le gouvernement s’entête avec les plans Vigipirates.

La Police politiquement correcte, pages 29 et 30, Robert Paturel trace l’avenir tel qu’il se dessine sous nos yeux. Moment de vérité dans une fiction.

Malgré des Policiers volontaires, l’institution est dirigée par des Policiers hauts-fonctionnaires au profil « Politiques », des Politiques faibles et une institution judiciaire décalée par rapport à la réalité,

Cela donne une Police devant éviter la casse, ne plus aller dans les cités, apprenant non pas à se défendre mais à maitriser la gestion du stress et des conflits.

L’impensable est déjà là : une Police bafouée intervenant dans une Cité essuyant des coups de feux sans pouvoir riposter tout en comptant des centaines de blessés dans ses rangs sans réaction de la Société.

La Police politiquement correcte

  • Ecoute active et empathie contre caïds armés qui feront, ou font déjà, appliquer la loi de la jungle sur leurs territoires
  • verbalisation uniquement de ceux qui bossent et qui sont civilisés,

Merci à Robert Paturel qui du haut de ces vingt années au RAID, met à la portée de Monsieur Tout le monde une idée de que peut être une unité d’élite.

J’avoue une certaine fierté de posséder un exemplaire dédicacé par l’auteur reçu en cadeau de la part de mon ami Stéphane. Merci de ce contact avec un monde pour moi encore irréel et tellement vrai.

A mettre d’urgence entre toutes les mains.

Editions Baudelaire (1 mars 2010), 120 pages, 15€

Lectori salutem, Patrick

Publié dans romans

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