T.C MCLUHAN - PIEDS NUS SUR LA TERRE SACREE (TOUCH OF EARTH)

Publié le par Patrick Chabannes

T.C MCLUHAN - PIEDS NUS SUR LA TERRE SACREE (TOUCH OF EARTH)

A tous ceux qui, en chemin, laissant parfois leur smartphone en mode silence, tentent de le faire aussi dans leur tête.
"L’homme qui s’est assis sur le sol de son tipi, pour méditer sur la vie et son sens, a su accepter une filiation commune à toutes les créatures et reconnu l’unit » de l’univers ; en cela il infusait à son être l’essence même de l’humanité. Quand l’homme primitif a abandonné cette forme de développement, ll ralentit son perfectionnement." Chef Luther Standing Bear (1905 -1939), Sioux Ogala
Tournant sans hâte les pages, les courts textes dessillent les yeux de l’homme barbu. Une civilisation harmonieuse serait-elle possible ? L’industrialisation de tout au service de quelques uns ne serait-elle qu’un déséquilibre et non un progrès ?

"Qu’est-ce que la vie ? C’est l’éclat d’une luciole dans la nuit. C’est le souffle du bison en hiver. C’est la petite ombre qui court dans l’herbe et se perd au couchant." Les derniers mots de Crowfoot (1821 – 1890), porte-parole des Blackfeet.

La parole donnée à des Indiens, médecins ou instituteurs, déploie une douce force puissante pointant le déséquilibre du modèle vainqueur recherchant pourtant lui-même en son sein un équilibre impossible. Toutes les traditions, souvent modernes, répètent avec le Sioux combien le silence, le contact avec la terre, le fait de s’asseoir ou de s’allonger pour penser plus profondément permet de sentir plus vivement les forces vivantes qui nous entourent.

Teresa Carolyne McLuhan partit sur les traces du photographe Edward S.Curtis (1868 – 1952) qui, pendant trente ans, prenant plus de 40 000 clichés, redécouvrit plus de 80 tribus d’une civilisation en voie de disparation. « Pieds nus sur la terre sacrée » continue ce travail de mémoire en présentant au début des années 70 de nombreux textes issus du patrimoine écrit ou oral des indiens d’Amérique du Nord. Ce recueil rassemble deux des quatre parties de cette collection de textes, traduits de l’anglais canadien par Michel Barthélémy.

Première partie : « Le soleil du matin, la douce terre nouvelle et le grand silence » introduit à l’harmonie entre l’homme rouge et la nature considérée comme sacrée. Cinquante pages présentent la relation de l’homme rouge avec la nature, le règlement des actes de guerre, l’absence de famine et affirment que leurs vies duraient jusqu’à 120 ou 130 ans avant l’arrivée de l’homme blanc malade de vivre enfermé dans ses maisons et ses vêtements.
"Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres compliqués n’étaient pas sauvages à nos yeux. Seul l’homme blanc trouvait la nature sauvage et pour lui la terre était infestée d’animaux sauvages et de peuplades sauvages. A nous, elle paraissait douce, et nous vivions comblés des bienfaits du Grand Mystère. Elle ne nous devint hostile qu’à l’arrivée de l’homme barbu de l’Est qui nous accable, nous et les familles que nous aimons, d’injustices insensées et brutales. C‘est quand les animaux de la forêt se mirent à fuir son approche que commença pour nous l’Ouest sauvage." Chef Luther Standing Bear, Sioux Ogala

Seconde partie : « L’homme barbu qui vient de l’Ouest » témoigne de l’affaiblissement et de la disparition d’un peuple cause d’un déséquilibre mortel. Le mensonge et les tromperies de l’homme barbu règnent sur cette partie. Les terres furent arrachées de force, les traités signés toujours déchirés sous la pression inexorable des nouveaux venus. La conquête de l’Ouest sauvage est vécue différemment par ceux qui y vivaient en harmonie.

La parole à Adario dit Kondiaronk, chef Huron mort en 1701, s’adressant au baron de Lahontan.

"En vérité, cher frère, je te plains du plus profond de mon âme. Suis mon conseil et devient Huron. Je vous clairement la différence entre ta condition et la mienne. Je suis le maître de ma condition. Je suis le maître de mon corps, j’ai l’entière disposition de moi-même, je fais ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains absolument aucun homme, je ne dépends que du Grand Esprit, Wakan Tanka.
Il n’en est pas de même pour toi, ton corps aussi bien que ton âme son condamnés à dépendre de ton grand capitaine ; ton vice-roi dispose de toi ; tu n’as pas la liberté de faire ce que tu as dans l’esprit ; tu as peur des voleurs, des faux-témoins, des assassins, etc…Et tu dépends d’une infinité de personnes dont la place est située au-dessus de la tienne. N’est-ce pas vra
i ?"

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Leectori salutem, Patrick

Publié dans conscience, histoire

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