Philippe Herlin – J’étais pas au courant que c’étaient des terroristes

Publié le par Patrick Chabannes

"Quelles sont vos dernières volontés ?
– Des fraises.
– Ce n’est pas la saison.
– Ce n’est pas grave, j’attendrai."

13 Novembre le terrorisme frape à Paris et Jawad l’innocent devient la risée du web avec sa répartie devenue célèbre : « J’ai appris que c’était chez moi, que les individus sont retranchés chez moi et que voilà, j’étais pas au courant qu’c’est des terroristes, moi. »

Revenant sur cet épisode dramatique, l’auteur approfondit le sujet Jawad et note que les réseaux sociaux se sont enflammés de rage et d’humour sans intervention préalable des grands média. Et pourtant les débats sur les réseaux sociaux sont lancés par les Médias initiant les deux courants de la controverse où l’anathème fait bien souvent figure de pensée laissant ensuite libre court aux pensées ainsi canalisées à l’image des sondages aux questions piégées.

"Ils m’ont dit qu’ils avaient une roquette, j’ai proposé de faire la vinaigrette."

De la violence
L’auteur pose la question de la violence légitimée par le Coran lui-même. Les mouvements de réformes ont, Averroès inclus, jusqu’à aujourd’hui, tous butés sur cette pierre angulaire, différence majeure avec la Torah ou l’Évangile, le Coran est la Vérité, non pas incarnée mais littéralement calligraphiée.

Des concepts philosophiques de l’Occident.
L’Occident, se trouvant incapable de se penser tant son matérialisme souverain combat violemment toute référence à ses origines chrétiennes, ne peut comprendre combien le mur philosophique dressé entre le monde moderne et le monde musulman repose sur des notions fondamentales telles la Soumission (à Dieu et au Coran) et la Loi (la Charia). La conséquence première est que la liberté individuelle n’existe pas, la séparation de l’Église et de l’État encore moins.

L’Islamisme : Un totalitarisme ?
Faisant sien la conclusion du livre de Alexandre Del Valle, Le totalitarisme islamique, Philippe Herlin reprend les définitions modernes du Totalitarisme issu du sanglant XXème siècle puisé chez Hannah Arendt, Karl Popper ou Raymond Aron et constate que l’Islamisme en remplit les conditions au même titre que le Communisme et le Nazisme. (page 23)

L’Islam justifie le mensonge : La taqiya
Si les Sioux ou les Blackfeet déplorent la capacité de mensonge des blancs barbus venus de l’Ouest, le mensonge reste une faute en Occident. Il en est autrement en Islam où le mensonge est divinisé ! La ruse appartient à Allah, en totalité. (S 13,42) ou Allah, est le plus habile à nouer un complot. (S 8,30).
La Taqiya rendra bien difficile dans cet Orient déjà complexe les discussions et accords. Il ne faut pas comprendre la taqiya comme une trahison mais comme une appréhension différente de la vérité. Par exemple en Chine « la «vérité» chez nous n’est pas la résultante d’une parole ou d’un écrit, mais d’une synthèse et d’un agencement. Il faut tenir compte d’un ensemble dans lequel l’argumentation (ce qui est dit), l’expression du visage et d’un comportement (ce qui est montré) et surtout la situation politique, économique, affective) permettent de déchiffrer l’intention ou la réaction affective de l’interlocuteur. La difficulté tient au fait que chaque élément constitutif de cet ensemble bouge, le discours peut varier autant que les attitudes et le contexte dans lequel nous sommes pris. La « vérité » se laisse ressentir au cœur de ce mouvement complexe, incessant et finalement silencieux. » Ce qui explique qu’un contrat dûment signé puisse être rediscuté.  

De l’Islam politique
L’auteur reprend ensuite point à point les différents aspects pouvant justifier la violence. L’Islam politique peut se justifier par les actions de l’Occident, par la pauvreté ou par la dynamique de mission de conquête. Les armes furent prises en Algérie ou en Egypte contre la dynamique de mission. Le résultat sur le moyen terme ne semble pas positif malgré ou à cause du prix du sang.

Mesurer la menace
Intelligemment Philippe Herlin propose différentes données permettant de mesurer la hauteur de la vague Islamisme, c’est à dire demandant l’instauration de la Charia et autres aspects résolument à l’encontre de la civilisation occidentale.
Les tunisiens vivant en France (binationaux ou non) ont voté à 30% en 2005 puis 2014 pour le parti islamiste Ennhada ; en 2006 40% des musulmans vivants au Royaume Uni demandent l’instauration de la Charia là où l’Islam est majoritaire ; en 2015, 50% des musulmans belges sont considérés fondamentalistes par le Berlin Social Center ; L’Institut Montaigne lui-même constate la montée du religieux au sein de son dernier rapport.

Combattre ? Qui et pourquoi ? 
Dans un dernier chapitre l’auteur appelle à combattre fermement ce totalitarisme en appelant différentes ressources philosophiques et littéraires.
Les premières victimes de ce fascisme vert sont les musulmans eux-mêmes et les femmes en particulier. Ils sont encore une majorité, silencieuse et dominée par la violence des conquérants. Comment vivront-ils dans 10 ans par la faute des politiques à la recherche de voix distribuant de l’argent à des associations contrôlées et en restant amis avec les pétrodollars.

Si le combat en France contre ce totalitarisme est essentiel, il doit tenir compte aussi de "l’existence d’un affrontement qui s’étend aujourd’hui, à divers degrés, à tout le monde musulman, renvoie à ce que nous avons connu à la Renaissance entre une conception religieuse fanatique et une conception orientée vers les Lumières et la tolérance." Alexandre Adler

Ce livre ramassé offre des clés de lecture, ouvre des portes, dérangera certains, confortera d’autres. Saluons le courage encore rare de dénoncer le Totalitarisme vert avec arguments et raison.

Les éditions de Paris – Max Chaleil, Septembre 2016, 55 pages, 9€

 

Lectori salutem, Patrick

Publié dans Géopolitique

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