Laurent Obertone – Guerilla - Le jour où tout s’embrasa

Publié le par Patrick Chabannes

  • Vous êtes un vieux réac, c’est ça ? C’était mieux avant, pas vrai ?
  • Forcément c’était sans vous.

Et si un simple énième événement, un énième meurtre allait mettre le feu aux poudres de telle façon que pour la première fois cette dynastie de fonctionnaires avait peur. Pour la première fois, elle se demanda si les artifices et les mensonges habituels suffiraient à la sauver.

Le livre est dédié à ceux qui n’ont pas compris qu’au moment de l’embrasement l’heure ne sera plus aux bonnes âmes et aux tièdes, que le monstre, né des choix et des atermoiements d’une classe d’hommes d’affaires, de politiciens et de journalistes, mangera ses enfants et dévorera une ancienne civilisation morte depuis un bon siècle déjà. Le livre est dédié à ceux qui n’ont pas compris que le remplacement des enfants de France par les enfants d’Afrique et de l’Oumma, cet enrichissement dans la multi-culturalité du vivre ensemble républicain, a créé des lignes de fractures identitaires accentuées par la mondialisation. Ce livre est dédié à François Hollande qui lors de ces entretiens avec Gérard Davet et Fabrice Lhomme a avoué (7ème partie, 5ème chapitre): « Comment on peut faire que la France vive ensemble, comment on peut redonner du lien entre tous les Français, comment on peut éviter la partition ?...Car c’est quand même ça qui est en train de se produire : la partition. »

Certes vous ne trouverez pas le style d’un Jean Raspail et de son prophétique Camp des Saints, mais la brutalité et la sécheresse de la plume convient bien à l’objectif : décrire la fragilité de nos sociétés complexes face à un événement imprévisible. Les armes sont dans les mains de la racaille, les policiers ne peuvent dégainer et pis, leur inaction servile prive la France de sa révolution en se portant garant de son agonie…mais en chacun d’eux, il y a cette chose dangereuse et pas tout à fait soumise qui rêvait de sortir le flingue et de tirer dans le tas…

Veuillez noter que pour notre plus grand drame les évènements décrits reposent sur le travail d’écoute, de détection et les prévisions du renseignement français.

Un reproche : Si les citations en exergue de chaque chapitre sont intelligemment choisies, l’absence d’indication de la source est particulièrement agaçante.

 

Nul ne mérite d’être loué de sa bonté, s’il n’a pas la force d’être méchant : Tout autre bonté n’est le plus souvent que paresse et impuissance de la volonté. Maximes et réflexions morales du Duc de la Rochefoucauld, Nouvelle édition 1796, no :244

 

Merci Aurélie et Clément de cette violente lecture.

Ring, 2016, 415 pages, 19,95€

Lectori salutem, Patrick

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