Simone Weil (1909 – 1943) – Note sur la suppression générale des partis politiques

Publié le par Patrick Chabannes

« Les partis sont des organismes publiquement, officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice. »
Quand 35 pages d’un in-16 illustrent de manière radicale la lutte des partis politiques pour leur survie en cette année 2017.
En philosophe Simone Weil définit les fins : le Bien et ses critères justice, vérité ou utilité collective et les moyens : la démocratie, les clubs de pensée ou les partis politiques ; convoque le Contrat Social de JJ Rousseau pour qui la raison nécessite la pensée individuelle et libre pour ne pas succomber à la passion du gros animal, du groupe, de la foule ; anticipe ce les sciences humaines ont revisité sous l’appellation d’intelligence collective.

"L’usage même des mots de démocratie et de république oblige à examiner avec une attention extrême les deux problèmes que voici :
- Comment donner en fait aux hommes qui composent le peuple de France la possibilité d’exprimer parfois un jugement sur les grands problèmes de la vie publique ?
- Comment empêcher, au moment ou le peuple est interrogé, qu’il circule à travers lui aucune espèce de passion collective ?"

Des solutions existent mais elles nécessiteraient la suppression des partis politiques.
"- Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective.
- Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres
- La première fin, et, en dernière analyse, l’unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite."

Et Simone Weil d’aller plus loin encore. L’esprit de parti a envahi la société toute entière demandant à chacun, au lieu de penser et de s’interroger, de prendre parti en toute occasion.

Le lecteur que je suis ne peut s’empêcher de s’interroger :
A quel moment de notre vie démocratique les opinions individuelles ont-elles pu se former de manière indépendante des passions et des pressions pour mieux penser le bien collectif ?
Aujourd’hui, en 2017, encore les plus beaux esprits, des amis souvent, habités par la passion partisane donnèrent raison à Mikhaïl Efremov Tomski (1880 – 1946) : "Un parti au pouvoir et tous les autres en prison."

"Toute réalité implique par elle-même une limite. Ce qui n’existe pas du tout n’est jamais limitable. C’est pour cela qu’il y a affinité entre le totalitarisme et le mensonge."

édition Sillage, novembre 2016, 48 pages, 5€

Lectori salutem, Patrick

 

Publié dans conscience

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article