Falk van Gaver - La route des Steppes, 20 000 km à travers les steppes d’Asie centrale

Publié le par Patrick Chabannes

« Les Turcs, anciens éleveurs des steppes, ont eu beaucoup de mal à comprendre, comme les Amérindiens des Grandes Plaines, que la terre pût appartenir en propre à quelqu’un."
Il faut partir pour découvrir l’essence poétique du monde. Les deux compères, voyageurs avertis, larguèrent les amarres pour traverser depuis l’Anatolie tous les pays que les turcs peuplèrent des confins mongols aux rivages de la Méditerranée.

Ce pays qui ressemble à la tête d’une jument
venue au grand galop de l’Asie lointaine
pour se tremper dans la Méditerranée,
ce pays est le nôtre.

Nâzim Hikmet, poète turc moderne né en 1905 à Salonique.

Jean-Baptiste et Falk - polyglottes, écrivains, photographes et lettrés – nous font découvrir tout à la fois l’histoire longue des hommes de ces territoires et saluer leur présent. 
Un extraordinaire voyage dans le temps et dans l’espace à la rencontre des Huns et d’Attila, des Ghazi et des Janissaires, de Mehmet II et de Constantin Paléologue, du Mont Ararat et de Noé, la mer Noire, la chrétienne et farouche Géorgie, la Caspienne jusqu‘à la frontière chinoise et même jusqu’au Tibet. Et toujours et partout des frontières avec douaniers, règlement, petite corruption et bien souvent un voyage en absurdie.

 

L’on apprend avec étonnement que le pouvoir chez les nomades des steppes se mesure à la cavalerie, des chevaux par centaines de milliers, par millions, qui dévastèrent l’Orient. « Comme le loup le vrai nomade barbare rode en lisière de la civilisation sédentaire pour se nourrir et s’enrichir à ses dépens.» L’on s’attriste de voir ses grands espaces désolés jadis terres de cultures.

 

Et l’on découvre aux frontières de l’Ouzbekistan, du Turkmenistan et du Kazakstan, la République du Karakalpakstan ! 170 000km2 et 1,5 millions d’habitants entre l’Amu-Daria et le Syr-Darya.

 

Près de Boukhara naquit le premier grand philosophe de l’Islam, Al’Farabi (872/259) – 950/339), un noble turc, plus proche des ismaéliens que des sunnites, qui enseignait que la philosophie, étant universelle, égalait la foi religieuse en vertu de l’unicité de la vérité. Le débat ouvert aussi à l’opposé de l’Al-Andalus et les Omeyyades n’a pas faibli. Mais a-t-il progressé ?

 

 

Les signes
Au détour de cette lecture je retrouve Magna Leone. A Milan il y a quelques semaines je m’arrêtai les matins en cette église éponyme. Et voilà que je retrouve Saint Léon, le Pape qui négocia en 452 aux portes de Rome avec Attila pour que le nomade fit demi-tour. Etonnant !
Mieux encore, l’ouvrage narre les aventures des auteurs au Tibet. A cette occasion est cité Jean Soulié assassiné en 1905 lors de la persécution de Atundzé. En Juin, sur le chemin de Compostelle, je trouvai refuge dans un gîte chrétien, dans le village de Soulié, le vilage natal de Jean Soulié.

 

Très beau voyage pour un livre acquis par hasard lors d’une brocante.

 

 

Presse de la Renaissance, 2006, 270 pages d’un livre introuvable

 

 

Lectori salutem, Patrick

 

Publié dans histoire, voyage

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