Bertrand Galimard Flavigny - Histoire de l’Ordre de Malte

Publié le par Patrick Chabannes

“Les Sœurs Hospitalières du XIIème siècles ne pouvaient imaginer que, près de 900 ans plus tard, la croix à 8 pointes qui ornait leur habit protégerait encore les jeunes mères dans la maternité de la sainte Famille, financée en partie par les Œuvres hospitalières française de l’Ordre de Malte.”

Les 1 000 ans de l’histoire de l’Ordre souverain, militaire et hospitalier de Saint-Jean-de-Jérusalem dit de Rhodes dit de Malte se confond avec l’histoire européenne, et française en particulier, face à ses adversaires arabes, ottomans ou barbaresques ; avec l’histoire de la médecine et des installations sanitaires et hospitalières ; avec l’histoire de la guerre navale. 

Un livre référence de l’ordre hiérosolymitain, fidèle à sa mission : “Nos seigneurs les malades, de toutes origines, excommuniés ou interdits inclus.”

 

Que signifie la croix à huit branches ?
L’ouvrage Théâtre d’honneur et de chevalerie paru en 1620 décrit bellement la signification de la croix, blanche comme la pureté et avec huit pointes en remembrance des huit béatitudes signifiant chacune : le contentement spirituel, vivre simplement sans malice, vivre en humilité, pleurer ses fautes et ses péchés, aimer la justice, être miséricordieux, être net et sincère de cœur et de pensée, et enfin, endurer les afflictions et les persécutions pour la justice.

Guillaume Caoursin remet son livre à Pierre d’Aubusson, miniature de dédicace du manuscrit Gestorum Rhodie obsidionis commentarii (Relation du siège de Rhodes)

Rapide survol historique

Fondée en 1113 par le bienheureux Gérard, sous la protection de Saint Jean-Baptiste, en Terre Sainte, par la bulle du Pape Pascal II, l’Ordre a construit ses deux premiers hôpitaux à Jérusalem. Exempt de l’Église, l’Ordre relèvera dès son origine exclusivement du Pape ce qui ne manqua jamais de lui causer des ennuis avec les évêques en charge des lieux où se trouvaient les commanderies et hôpitaux. L’Ordre se consacra alors aux malades et puis à la sécurité des pèlerins. La perte de Jérusalem (1187) puis celle de Saint-Jean-d’Acre (1291) face aux Arabes les obligèrent à trouver une autre place. Avec la prise de Rhodes en 1310, la Religion comme il se disait en ce temps-là deviendra et restera un État souverain. Le combat naval contre les Ottomans (Mehmet II) fit de l’Ordre un bras armé de l’Occident en plus de sa mission de soigner les malades et racheter les esclaves chrétiens. Malgré la victoire au siège de Rhodes en 1481, l’Ordre fut défait en 1522 et, non sans difficultés, trouva refuge en l’ile de Malte, une place stratégique au cœur de la Méditerranée.

“Les hôpitaux de Malte seront marqués par une véritable recherche médicale et seront considérés comme les plus modernes d’Europe.”

C’est là que pendant 250 ans l’Ordre lutta contre Venise, les Ottomans et les Barbaresques rachetant des esclaves chrétiens dans la course et la contre-course, le corso, qui fit de l’Ordre la première école navale de France et le fer de lance de la défense de l’Occident face à l’Islam. 1798, Bonaparte envahit l’Ile alors que les Hospitaliers, chrétiens et pour beaucoup français, refusèrent le combat. La tornade révolutionnaire chassa l’Ordre de ses terres et biens, détruisant les commanderies dont on peut encore trouver trace par les noms de villes ou villages rappelant les mots plus ou moins déformés d’hospital, de commanderie ou maladrerie. La prise d’Alger en Barbarie mit fin aux exactions des Barbaresques et à la course. L’Ordre de Malte s’établit alors à Rome en 1834 et continue plus que jamais de s’occuper des Pauvres et des Malades.

Sainte Vierge de Philerme - Madonna Fileremo

Prière quotidienne du chevalier de Malte

"Seigneur Jésus, qui avez daigné m’appeler dans les rangs des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem je vous supplie humblement par l’intercession de la très Sainte Vierge de Philerme, de Saint Jean-Baptiste, du bienheureux Gérard et de tous les saints, de m’aider à rester fidèle aux traditions de notre ordre, en pratiquant la religion catholique, apostolique et romaine, en la défendant contre l’impiété et en exerçant la charité envers les prochains, avant tout envers les pauvres et les malades. Donnez-moi les forces nécessaires pour pouvoir mettre en exécution ces désirs, selon les enseignements de l’Évangile, avec un esprit profondément chrétien, pour la gloire de Dieu, la paix du monde et le bien de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem."

 

Un livre à lire pour les passionnés d’histoire

Facile d’accès et facile à comprendre, l’histoire de l’Hospitalier tout à la fois moine, médecin et soldat dans le détail de son organisation, aux prises avec les pouvoirs temporels et religieux, construisant des hôpitaux pour des siècles tout en développant les sciences de la médecine et du soin, offre un panorama, un angle de vue bien nécessaire pour tout honnête homme.

 

Perrin 2006, édition lue : Tempus revue et augmentée en 2010, 325 pages accompagnées de plus de 100 pages chronologie, index, bibliographie, pour un minuscule 11€uros 

 

Un livre prêté par CMM.

 

Lectori salutem, Patrick

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