Leonid Youzéfovitch – Le Prince des vents

Publié le par Patrick Chabannes

« C’est proprement renversant ! Voilà une controverse scientifique entre deux esprits éclairés qui se termine par un bain de sang et un tas de cadavre. N’est-ce pas typiquement russe ? »

Une intrigue romanesque à l’énigme confuse qui s’obstine à échapper aux circuits verbaux telle une ombre qui voulait se fondre dans la nuit ; Suicide ou meurtre, l’enquête de Ivan Dimitrievitch Poutiline sur le décès de l’écrivain populaire Kamenski transportera le lecteur au cœur des légendes mongoles et la mentalité russe jusqu’aux limites de sa raison raisonnante.

 

« Ils étaient nombreux comme lui dans les universités de la capitale : idéalistes, désintéressés, il me tueraient pas une mouche pour tout l’or du Monde, mais par conviction ils égorgeraient leur propre mère. »

L'intrigue, menée par le légendaire chef de la Sûreté de Saint Petersbourg, Ivan Dimitrievitch Poutiline, se déroule simultanément dans deux pays et à deux périodes historiques distinctes, Saint-Pétersbourg en 1870 et la Mongolie en 1913, au début de la guerre d'indépendance contre la Chine. Fragment de cahier, énigmes, livre de mémoire, roman posthume, sectes dangereuses -Palladistes de Baphomet et la Sainte Droujina, tous éléments d’une composition fantastique au service d’un grand roman historique se déroulant en des lieux peu connus des occidentaux décrits qui plus est par un russe pour des russes. L’effort de lecture et à la hauteur du plaisir de la découverte. 

 

Syanbayna ! Nomadez-vous bien ? Passez-vous le printemps dans l’abondance ?

L’auteur, historien russe, a aussi proposé quatre romans mettant en jeu Poutiline. Celui-ci fut un immense succès en Russie et à ce titre mérite un détour pour apprivoiser notre grand voisin. Un livre à mettre entre les mains de lecteurs attentifs tant sa composition ne respecte pas les règles des tourne-pages américains.

 

Amusante phrase décrivant le baiser d’adieu de Poutiline à son épouse :

« Il s’efforça de mettre dans son baiser un assortiment de sentiments aussi large que possible –une larme de contrition pour ses péchés envers elle, un soupçon de vénération pour sa sagesse toute féminine, un doigt de respect pour la mère qu’elle était et une bonne dose de désir de la posséder ici même, sur la table de la salle à manger. »

 

Les éditions Noirs sur Blanc, 2007, publié en 2001 à Moscou, 310 pages, 19€

 

Lectori salutem, Patrick

Publié dans histoire, romans

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