Éric Vieux de Morzadec - Héros oubliés, les généraux français de l’armée confédérée

Publié le par Pikkendorff

« Cette guerre est une guerre contre la tyrannie de l’argent. Si le Nord gagne ce sera la victoire des banques, des prévaricateurs et des francs-maçons. » 
Cette sentence du Général Jackson au Général Stuart donne le ton de l’ouvrage et résume les raisons de l’engagement sous le drapeau confédéré des blancs, rouge, jaunes et noirs contre l’agresseur. Vae victis. L’histoire écrite par les vainqueurs conta une autre chanson, celle de la victoire de la liberté sur les esclavagistes. 

Après son excellent le 1er bataillon de Zouaves de Louisiane, le Colonel Vieux de Morzadec récidive en approfondissant son sujet. Les Héros oubliés décrit les raisons de l’engagement individuel des Généraux français de l’armée confédérée, des motifs liés aux origines de la guerre. Ils étaient catholiques, français de France comme le Prince de Polignac ou français créoles des colonies américaines comme le Général Pierre-Gustave Toutant de Beauregard (1790 – 1893), parent de l’auteur, qui voulait bâtir un sud fraternel et chrétien, en résumant d’un trait la situation : « Nous sommes les Vendéens, ils sont les Jacobins. »

 

Qui sont les Français d’Amériques ?

"Combien ses rivières seraient moins suggestives, si les Français n’y étaient point passés les premiers, avec leur bravoure et leur esprit d’aventure…"  John Finley, 1913 

Très peu peuplée face aux treize millions d’anglo-saxons, les 50 000 Français de La Nouvelle France, des Grands Lacs à la Louisiane, vit, depuis trois cents ans, en accord avec les autochtones, les Nations Indiennes. Les effectifs dérisoires des troupes de marine de Napoléon III trouvaient chez les Iroquois, Sioux et autres Cherokees des appuis militaires. L’on parcourra avec délices en compagnie de Jean Raspail les canots du Roi de  Ville-Marie (Montréal) à la Nouvelle Orléans

 

Quelles sont les origines de la Guerre de Sécession ou Second War of Independence comme les vaincus aiment à l’appeler ? Une guerre économique !

« Le Nord, une tyrannie de l’argent transformant le citoyen en consommateur et en esclaves .» précise Roger Holeindre dans sa préface.

La sociologie des parties est assez différentes. Tandis que le Nord est anglophone, anti-papiste, wasp et franc-maçon, le Sud est catho, franco ou anglophone.

La ségrégation existait tout de part et d’autre. Le Nord était industrialisé tandis que le Sud était représentait le premier producteur de tabacs et de coton avec une part de marché de 80%. Le Sud exportait principalement ses produits vers le Nord mais aussi vers la France et l’Angleterre. La mise en place de barrières douanières par le Nord poussa le Sud à orienter ses exportations et à manufacturer. Les grandes fortunes du Nord poussèrent Lincoln, un Président élu de justesse uniquement par les voix du Nord, à la guerre. Les évènements de Fort Sumter mirent le feu aux poudres.

Les armées en présence

Face aux 15 000 hommes des Confédérées l’armée, Lincoln leva une armée de 75 000 soldats pour envahir le Sud. Le Général Robert Lee, pressenti pour en prendre la tête refusa de prendre part à une guerre d’agression et rejoint sa Virginie natale.

Les Nations Indiennes, d’une manière générale, prirent parti pour le Sud. Le Général Stand Waties n’était rien d’autre que le Chef cherokee, les Cherokee Braves du Cherokee Mounted Rifles qui bataillèrent jusqu’au bout contre l’oppresseur. Les Nations Indiennes payèrent chers leurs positions, car les Sheridan, Grant, Sherman n’auront de cesse de les exterminer.

Les Noirs : 210 000 engagés pour l’Union. Les Colored Troops eurent l’insigne honneur d’être engagés en premières lignes encadrés par des officiers blancs.

Pour la Confédération, les 70 000 noirs libres ou esclaves furent traités à égalité avec asiatiques, indiens et blancs dans des régiments multicolores. 

 

La France et l’Angleterre

En raison du risque sur l’approvisionnement en coton, les industries textiles anglaises ou françaises poussèrent leurs autorités à intervenir dans le conflit.

Napoléon III occupé par son intervention au Mexique, a failli entrer en guerre aux cotés des Confédérés, les anglais aussi. Mais après le tournant de Gettysburg (1863) la cause fut considérée comme désespérée. 

 

Et à la fin…

Chacun se bat pour des raisons forts différentes. Le Sud, agressé, se bat pour son identité, tandis que le Nord, au-delà de la propagande, cherche à détruire le Sud sans compromis possible. Ce fut et cela reste une guerre sans merci. 

Le Sud fut saccagé, pillé et réduit en ruine par le Nord pendant plus de dix ans livré aux prévaricateurs et profiteurs de guerre. Et les Indiens payèrent le prix de leur alliance et de leur absurde présence sur la terre promise des WASP.

 

« I am a Southerner, I won’t apologize. I won’t be reconstructed. I will not surrender my identity, my heritage. I believe in the Constitution, in States’ rights, that Government should be the Servant, not the Master of the people. I bieleve in the right of bear arms, the right to be left alone.”

 

Éditions Atelier Fol’fer, 260 pages, 25 euros. 

 

Lectori salutem, Pikkendorff

 

Publié dans histoire

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