Marquis de Breteuil - Journal secret (1886-1889)

Publié le par Patrick Chabannes

Marquis de Breteuil - Journal secret (1886-1889)

Voici une sélection de feuillets du journal d’Henri, Marquis de Breteuil qui inspira le personnage du marquis de Bréauté à Marcel Proust, retrouvés par son fils en la demeure familiale, édité sous la direction de son petit-fils.

Ce journal personnel, échange avec son épouse Constance disparue, se lit comme nous écouterions au coin du feu le marquis nous décrire la société de fin de siècle.

Au-delà des descriptions, parfois acides, de ses interlocuteurs, ce légitimiste, sûr d’une restauration possible, voyage, explore, rencontre, convainc au nom du comte de Paris. Un livre, un journal mais surtout une description du Monde des Cours et des Palais, des mariages, des élections, des successions, des tensions, des négociations.

Fin XIXème, la République Française, seul système en son genre en Europe, est encore fragile. Les haines sont fortes. La guerre suivante s’annonce. Le rôle éminent du marquis de Breteuil nous emmène au sein de la Triple Alliance avec les récits de ses voyages en Russie, aux Indes, en Angleterre ou en Bulgarie.

L’affaire Boulanger, ‘’officier de valeur et de mérite mais homme mal élevé’’ d’après le Duc d’Aumale – qui fit don en 1866 le Château de Chantilly à l’Institut de France -, racontée par le menu et de l’intérieur complétera utilement un livre d’histoire républicaine.

Et Mac Mahon, ‘’Le maréchal, qui, malgré une carrière militaire brillante et bien remplie, ne dut son bâton et son titre qu’à un heureux hasard, et qui eût mieux fait, et pour lui et pour nous (Parti conservateur -ndlr), n’être jamais qu’un soldat, appartient à l’histoire.’’

C’est aussi la fin des aristocrates, ‘’Les princes des familles déchues, sans espérances de retour, s’encanaillent vite par le temps où nous vivons. Quand ce n’est pas le besoin d’argent qui les pousse, c’est la fausse situation inhérente aux déclassés de toutes sortes. Les fruits secs de la monarchie ne sont à leur place nulle part.’’

J’ai beaucoup aimé ces quelques heures passées hors du siècle à suivre le marquis de Breteuil pendant trois années. Force notes, bibliographies, arbres généalogiques font de cet ouvrage une référence.

Lectori salutem

Publié dans histoire

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