Laurent Charbin – L’Insoumise, T 1 Enchaînée

Publié le par Patrick Chabannes

"Il n'existe que deux catégories d'êtres, ceux qui acceptent de se soumettre et ceux qu’il faut vaincre ..."

Le souffle épique offert par l’écriture vive et rythmée de Laurent Charbin ne prend dès les premières pages sans jamais nous relâcher. Inconnu en France, ce canadien propose un excellent ouvrage de jeunesse, sans fioriture, avec efficacité, une ode à la liberté face à l’homogénéisation du monde.
 

La jeune Khojen, cavalière et guerrière émerite, bannie de la horde des cent mille chevaux, rejetée par le chef incontesté Wulf, n’a que trois jours, sans cheval, sans eau, sans nourriture pour échapper aux siens. Sa quête de liberté lui aura valu cette mortelle punition ; sa determination sans faille lui offrira un destin de loup. Décharné peut-être mais libre sûrement. 
 

« Comme le loup le vrai nomade barbare rode en lisière de la civilisation sédentaire pour se nourrir et s’enrichir à ses dépens.» Flak van Gaver dans La route des steppes

Nos réserves sont celles d’un lecteur amoureux de littérature, de personnages complexes, d’histoire dans l’Histoire, de voyage par procuration, de philosophie cachée dans les recoins….Ici vous trouverez de l’efficacité, de la vivacité, du rythme.


 

Tu ne comprendras pleinement l’Afghanistan et l’âme de ses habitants que lorsque tu auras vu un tournoi de Buzkashi, « l’attrape-chèvre ». in Louis Meunier, les cavaliers afghans

Certes l’on pourra regretter de ne pas développer un peu plus l’âme de cette horde des cent mille chevaux que l’on pourrait retrouver en Afganistan en persan Ashvagan (La terre des chevaux) avec le Buzkashi, ce polo brutal avec une chèvre en guise de balle et et ses cavaliers, les tchopendoz.

D’autres pourront noter une définition superficielle des caractères des personnages. Wulf mène la Horde avec une sévère discipline dans ce monde hostile qui voit se réduire son espace vital face à la civilisation agraire. Sa puissance est marquée par une nécessité de la faire valoir à chaque instant. Jospeh Kessel, dans les Cavaliersnotait que Le droit à l’empressement, aux marques de respect, ne signifiait puissance qu’à une seule condition : pouvoir s’en passer".

 

Merci à Guillaume pour cette idée de lecture.

 

Paru tout d’abord chez les éditions Pierre Tisseyre sous le titre Wlasta, la première de couverture a été conçue par Marie-Ève Boisvert avec un dessin de Boris Stoilov.

 

Éditions Michel Quentin, 2012, 190 pages pour un 15$ canadiens

 

 

Lectorat salutem, Patrick 

Publié dans Jeunesse

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