Cécile Coulon – Une bête au paradis

Publié le par Patrick Chabannes

"Une réponse, ça se trouve, ça ne se demande pas. Soit tu es intelligent, soit tu es idiot. Si je te donne la réponse, tu es idiot."

Huis clos, sur le domaine de Paradis, cette grande ferme avec terres et bêtes, vivent du travail ancestral de la nature et les passions humaines extrêmes, la famille Émard. C’est le Paradis.

Un roman sur la passion et l’isolement du monde paysan, la morsure du monde moderne, la folie et les passions, les trahisons et la fidélité. Violences au Paradis.

Ils sont cinq sur ce domaine : Emilienne, Blanche, Gabriel, Alexandre at Aurore.

Emilienne, la maitresse femme, d’une rudesse et d’une solidité à toute épreuve, capable de caresses comme de gifles, gère le domaine aidée de Louis, enfant battu recueilli jeune, qui en quelques mois devint un homme utile dans ce monde paysan, dur et exigeant. Emilienne lui apprit à clôturer les champs, reconnaître et couper le frêne, le sapin, le châtaignier, il mémorisa les noms des plantes des prairies, les graminées et les sauvageonnes, il retint que les vaches apprécient luzerne et trèfle, que les petites bleues font gonfler la panse. Puis vint l’égorgement du cochon, le pyjama du lapin, la vidange des poulets. Il agrippait les pis des vaches selon le rythme imposé par Emilienne, traitre un animal revient à battre la mesure d’une chanson. Il fit naître deux veaux….

Les mains gluantes de sang, Louis, se sentait le gardien du Paradis.

Blanche, héritière de ce monde paysan, perdit ses parents dans un accident d’auto. Ce chaos avait fait de Blanche une guerrière de cinq ans.

Et Alexandre, son amour de jeunesse, son premier homme, marqué au fer rouge par ses parents qui vivaient chichement sans être pauvres, s’exprimaient de mots simples sans être idiots, existaient sans vivre. Sa recherche d’une vie meilleure avec l’obtention d’une terre à lui sera son fil rouge.

Et Gabriel et Aurore observent les drames en offrant une image du bonheur simple. Gabriel regardait Aurore avec des yeux débordant de reconnaissance et de tendresse, il la protégeait du monde paysan, de sa dureté de son efficacité ; elle le protégeait des songes sans fin dans lesquels il se perdait. Gabriel et Aurore se complétaient. Ils étaient bien ensemble. 

 

Bonne lecture, 

 

L’iconoclaste, 2019, 345 pages pour 18€ de passions champêtres

 

Lectori salutem, Patrick

Publié dans romans

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